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NAISSAM JALAL, LA MUSIQUE AU-DELA DES FRONTIERES ET DU TEMPS

Par Pascale GUISLAIN                                                                 Photo  France Culture

Ce qui caractérise Naïssam JALAL ? Le talent, bien sûr ( comme virtuose à la flûte et comme compositrice ), mais pas seulement. Car c’est également pour son approche ouverte, vibrante et multiculturelle de la musique que la jeune flûtiste est connue et reconnue. Ses compositions, en particulier les plus récentes, témoignent d’une démarche personnelle et passionnée pour aller au-delà du son, voire pour utiliser les sons ( et le silence) pour  » voyager », dans l’espace, dans le temps … et aussi en soi-même.

Née en 1985 à Paris, de parents syriens, la jeune Naïssam débute l’étude de la flûte traversière dès l’âge de 6ans. A 17 ans, elle découvre l’improvisation , quitte le Conservatoire et intègre différentes fanfares ( comme Tarace Boulba avec laquelle elle tourne en France et au Mali). Le besoin et le goût des rencontres humaines et artistiques ne font alors que commencer pour elle et ne la quitteront plus… A 19 ans, elle part étudier le nay au Grand Institut de Musique Arabe de Damas . Ensuite, elle s’installe pour plusieurs années au Caire, où elle joue entre autres auprès du grand violoniste Abdu DAGHER et se produit aux côtés de Fathi SALAMA.

De retour en France, Naïssam JALAL accompagne le rappeur libanais Rayess BEK  ainsi que le oudiste égyptien Hazem SHAHEEN.

En 2009, elle sort l’album « AUX  RESISTANCES » du duo Noun Ya , avec lequel elle part en tournée de par le monde.

Dès lors, Naïssam JALAL ne s’interdira aucun genre musical;  du rap au tango en passant par l’afrobeat ou bien sûr le jazz contemporain, tout l’intéresse et la passionne. Elle multiplie donc les collaborations avec de  nombreux musiciens africains, comme avec de grands noms du jazz et de la musique arabe.

Parallèlement, elle compose la musique de 3 longs métrages, dont  » Camera Woman  »

En 2011, Naïssam JALAL crée son quintet RYTHMS OF RESISTANCE , avec lequel elle se produit sur des scènes prestigieuses et sort 2 albums (OSLOOB HAYATI en 2015 et ALMOT WALA ALMAZALA en 2016), tout en travaillant en  parallèle sur les possibilités du HIP HOP instrumental! Avec RYTHMS OF RESISTANCE, Naïssam JALAL exprime un répertoire à son image, libre, nomade et métissé, mais aussi assez révolté, combatif et rageur.

Mais sa nouvelle formation en trio , QUEST  OF  THE  INVISIBLE ( avec Claude TCHAMITCHIAN à la contrebasse et le pianiste Léonardo MONTANA ) est sur un registre plus intérieur et méditatif (  » méditer c’est parfois résister  » dit-elle, et puis « on ne peut pas toujours être dans la colère » , acceptant une spiritualité libre et assumée ). Naïssam  JALAL évoque un « pari insensé », celui d’entrer en connexion avec la musique au point de « parvenir à une forme de transe dans l’oubli de soi ». (… on comprend qu’elle soit l’amie des gnaouas !). La voix aide alors l’instrument à toucher l’invisible, les sons se jouent parfois du silence… Mais que spectateurs ou auditeurs sceptiques soient rassurés : l’aspect « méditatif » n’est pas synonyme d’ennui!! Le public du Jazz Club de TOURCOING vient d’en faire l’expérience: …  tous ont vécu le concert  du trio ( Andy EMLER remplaçait exceptionnellement Léonardo Montana au piano) avec enthousiasme et plaisir car les 8 morceaux de   Quest of the Invisible créent un album apaisant , mais finalement, clairement stimulant. Et bien évidemment, le talent des 3 musiciens compte pour beaucoup!

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