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Photo Molpé Music

« TAZIRI » signifie « clair de lune » en berbère… Pour le guitariste et joueur de oud Titi ROBIN, c’est aussi le nom d’un voyage musical d’une rive à l’autre de la Méditerranée en compagnie de son jeune complice, le talentueux et très populaire musicien gnawa Mehdi NASSOULI.

Ce dernier apporte sa voix, le son de son guembri et une vraie connaissance  des musiques marocaines…Titi ROBIN signe avec lui un très agréable « pont musical », qu’ il qualifie de « blues méditerranéen », à partager sur l’album comme en concert…

« TAZIRI » comporte 9 titres, appuyés par l’accordéon ( Francis VARES) et les percussions…et restitue un univers musical plein de talent, et aussi de plaisir et de respect mutuels…

Photo Fesfestival

En 2015 et 2016 , les Musiques Sacrées de Fes avaient beaucoup souffert de la pluie et des orages…Est-ce parce que les organisateurs avaient mis l’eau à l’honneur ( le thème de cette année était  » l’Eau et le Sacré ») ? ?…toujours est-il que cette 23ème édition n’a pas vu un seul nuage obscurcir son ciel! Aucun concert annulé, et des festivaliers  appréciant  une météo chaude et ensoleillée. …

Les conditions étaient donc idéales pour découvrir la programmation proposée par Alain WEBER, Directeur artistique du Festival. Comme toujours, le choix était dense, entre « grands concerts » le soir à Bab Makina, concerts de l’après-midi dans les jardins, soirées-concerts au sein de la Médina, grands concerts populaires (gratuits) place Boujloud, projections cinématographiques etc…Comme toujours aussi, les 9 jours de Festival ont apporté de grands moments, de belles découvertes et de jolies surprises…et quelques déceptions, forcément!

La Soirée d’ouverture est toujours un moment très attendu ( et pas seulement parce que la Princesse Royale y est traditionnellement présente). La création « Spirit on Water » a bien respecté la tradition d’un voyage musical, visuel et poétique, inaugurant à la fois du thème de la semaine et des artistes à venir, même si son scénario a pu sembler moins « fouillé » que les années précédentes…Plus moyennement séduit par l’Opéra WU du ZHEJIANG , ancêtre de l’Opéra de Pékin  ( exécuté à la perfection, mais peut-être un peu  » long » pour un public non asiatique et non initié?), le public a beaucoup applaudi « SHONGAI », magnifique rencontre entre le flamenco et la dextérité de Toumani DIABATE à la kora …. Accompagné de l’Orchestre symphonique Harmonium, le guitariste Vicente AMIGO a fait l’unanimité … Le chant des femmes du Maroc, IZLAN, a parfaitement trouvé sa place dans la programmation…..et bien sûr, la diva libanaise Magida El Roumi a comblé le public marocain lors de la soirée de clôture!

Parmi les meilleures rencontres musicales dans les jardins Jnan Sbil, citons le pianiste Marc VELLA , Eric BIBB (« à l’origine du Blues ») et  les Violons Barbares...tandis que la Brésilienne Marlui MIRANDA et le groupe irlandais LANKUM  semblaient un peu en-deçà des attentes. On ne s’attardera pas sur la prestation de Michael LONSDALE, préférant se souvenir d’autres performances  de cet acteur si attachant .

Une mention particulière aussi pour TAZIRI , projet musical proposé par Titi ROBIN et le jeune Mehdi NASSOULI, moment de complicité musicale et de talent très apprécié par un nombreux public à  Dar ADIYEL.

Les concerts de la Place Boujloud ont fait le plein et réuni d’innombrables fassis, souvent venus en famille ( d’autant que les soirées étaient particulièrement sécurisées cette année), donnant une ambiance de fête populaire aux rues de la ville..

Le FORUM de Fes , consacré à la problématique de l’eau, réunissait des spécialistes « pointus », face à un public intéressé et concerné…mais il s’agissait plus cette année d’un colloque que d’un « forum » tel que nous le connaissions jusqu’ici…

A bientôt sur Culture-et-plus , pour présenter plus en détail certains des artistes présents au Festival de FES!

Photo VOGUE

La voix est douce, les gestes délicats, les expressions timides et nuancées…mais qu’on ne s’y trompe pas, Bouchra JARRAR est aussi ( d’abord?) un concentré d’énergie, de volonté et de lucidité! Sinon, bien sûr, elle ne serait pas devenue Directrice artistique « Femme » chez LANVIN.

Son parcours est éloquent: née en 1970 à Cannes, Bouchra est la 6ème et avant-dernière enfant d’une famille originaire de Fès  et elle  dit devoir beaucoup à une ambiance familiale à la fois aimante et rigoureuse.

Un documentaire sur Yves Saint-Laurent donne un déclic à son orientation. Après des études d’histoire de l’Art, la voici qui « monte » à Paris et s’inscrit à l’Ecole DUPERRE, dont elle sort diplômée 3 ans plus tard. Elle se forme alors chez Capucine PUERARI ( lingerie), puis chez Jean-Paul GAULTIER ( bijoux). En 1996 Bouchra entre chez BALENCIAGA où elle restera 10 ans, travaillant avec Nicolas GHESQUIERE. Suivra un bref passage chez SCHERRER, avant de rejoindre LACROIX pour les dernières collections de la Maison.

En 2010, elle décide de vivre une grande expérience, et fonde sa propre maison de Couture. Le challenge est fort, mais la jeune créatrice est talentueuse et bien conseillée, et elle le relève haut la main. La reconnaissance ne tarde pas. En 2012 , Bouchra JARRAR est décorée des Arts et Lettres, en 2013, elle devient « membre permanent de la Haute Couture ». Son style se précise et s’affirme, tant en haute couture qu’en prêt à porter. Chaque collection prouve que Bouchra ne s’adresse pas à une « femme fantasmée », mais à des femmes bien réelles, ancrées dans la vie, et qui veulent « un vestiaire fonctionnel et portable ». Les vêtements sont « nets », les coupes impeccables, les matières belles, voire luxueuses….

Mais en 2016, quand LANVIN ( maintenant dirigé par Madame WANG) spropose à Bouchra JARRAR de succcéder à Alber ELBAZ comme Directrice Artistique des collections femme, elle n’hésite pas beaucoup. L’histoire de la Maison LANVIN lui plait, l’image de Jeanne LANVIN lui parle, elle sait trouver dans les ateliers Lanvin la qualité et l’excellence qu’elle recherche…elle accepte « avec joie et fierté ».

Nouvelle page, nouveau défi, nouvelles exigences pour Bouchra JARRAR, nouvelles attentes aussi, que tous les amoureux de beau et de Haute Couture ne manqueront pas de suivre!

Photo Les Echos

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Photo Mon Maroc Secret et Vivant

 

On a dit d’ESSAOUIRA, l’ancienne Mogador, qu’elle engendre  une « transe créative »… Transe musicale bien sûr, puisque 1998, la ville accueille et incarne le Festival GNAOUA et vibre alors au rythme du guembri…

                     ( voir à ce sujet  l’article antérieur   » mais qui sont les gnaouas? » sur ce même site )

….mais transe picturale aussi , si l’on évoque ceux que le critique et galièriste Frédéric DAMGAARD avait baptisé  » artistes singuliers d’Essaouira ». Des peintres qu’il a découverts et révélés tandis qu’ils ne se savaient pas artistes, mais étaient simplement maçon, menuisier ou pécheur…et s’exprimaient spontanément en peignant sur du carton, du contreplaqué, de l’isorel ou des volets! Avec un résultat saisissant, mêlant couleur, onirisme et surnaturel, dans une production foisonnante et inattendue, très « singulière » assurément! Frédéric Damgaard a donc exposé et fait connaître  OUARZAZ, BOUSLAI, BERHISS, ASMAH etc… et surtout celui qui en est devenu le chef de file, Mohamed TABAL .

« Tabal » signifie « le tambour », et effectivement, Mohamed TABAL était tambourinaire, musicien gnaoua ambulant. Initié aux rites de la confrérie, il en connaît les racines, les symboles, le rapport aux esprits, à la transe et à la possession. C’est ce qu’il exprime dans ses nombreux tableaux, et cela lui vaut d’être considéré comme « le peintre gnaoua », celui qui joint le monde musical et la peinture. Par exemple, les couleurs que TABAL  utilise sont  celles des familles d’esprits invoquées lors des lilas (nuits de transes gnaouas), tandis que l’imagination, le surnaturel et le fantastique donnent une tonalité particulière et très reconnaissable à ses oeuvres. Tout comme dans la musique gnaoua, on trouve dans les tableaux de TABAL un mélange d’africanité, de berbérité et de croyances populaires aux djinns. Certains parlent de peinture ethnique, d’autres de peinture naïve…

 Mohamed TABAL est aujourd’hui  reconnu comme un artiste significatif du Maroc.

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Louis WINSBERG ( co-fondateur du groupe star de jazz expérimental « SIXUN ») a sorti avec « For Paco » le 3ème volet de son projet JALEO, amorcé il y a une quinzaine d’années pour revenir aux sonorités méditerranéennes qui ont bercé son enfance… et où flamenco, musiques arabo-andalouse et nord africaines  dialoguent depuis lors , flirtant avec le jazz.

Le guitariste légendaire PACO DE LUCIA était bien sur ce même registre de fusion, et lui rendre hommage était donc une évidence pour Louis WINSBERG et JALEO.

11 compositions ( 10 de L. Winsberg et 1 de J-C Maillard) sur l’album, servies par des musiciens virtuoses. Citons Sabrina ROMERO ( chanteuse, danseuse et percussionniste), Cédric BAUD (Sitar, saz et mandoline), J-C MAILLARD ( guitariste choriste) et Stéphane EDOUARD ( aux tablas).

A l’arrivée , un album vibrant et raffiné, entre soleil et mer….

Photo hibamusic

 

2017 commence bien ( du moins musicalement!) : La diva libanaise Ghada SHBEIR et le groupe corse MISSAGHJU ont annoncé  au moment du Nouvel An  qu’ils travaillaient à un projet commun : « Passionata lover ». Ils ont illustré cette nouvelle en offrant un extrait de leur travail commun, de quoi donner grande envie d’en savoir plus, et de voir la  collaboration aboutir très vite.

 

Ghada SHBEIR, née en 1969 au Liban est à la fois une spécialiste mondialement reconnue du chant arabo-andalou et du chant sacré syriaque, et une interprète du « Mouwashah » ( art musical tout en douceur venu de l’Andalousie arabe du XIème siècle).

Elle est par ailleurs enseignante et chercheuse, spécialisée dans les musiques et mélodies anciennes, et se produit sur des  scènes prestigieuses de par le monde ( en France, 18 Février 2017, à l’Opéra de Lyon), donnant ainsi « une actualité bienvenue et heureuse aux traditions musicales arabes ». Chanteuse au timbre chaleureux et voluptueux, elle excelle   »a capella », toute en sensibilité et en maîtrise.

La rencontre musicale  avec les Corses MISSAGHJU est inattendue mais magique …

Le groupe corse (8 chanteurs) a été créé en 1992, autour de l’amour du chant corse, et il est mû depuis lors par le désir de faire connaître bien au-delà de ses frontières la tradition née en Corse. Le projet initié avec Ghada SHBEIR s’inscrit donc totalement dans la « philosophie » du groupe…

….et c’est le trio de jazz belge  » AKA MOON » qui, associé au pianiste Fabian FIORINI,  nous le prouve avec leur album  » SCARLATTI BOOK ».

D’un côté, un compositeur baroque et claveciniste, ami de Haendel, né à Naples en 1685 , qui nous a laissé plus de 5OO sonates, Domenico SCARLATTI.  De l’autre , trois  jazzmen belges qui ont fondé  « AKA MOON »  il y a 25 ans :  Fabrizio CASSOL ( saxophone et composition), Stéphane GALLAND ( batterie) et Michel HATZIGEORGIOU (basse). Depuis un quart de siècle ils ont enregistré 17 albums, tourné dans une trentaine de pays et beaucoup, beaucoup, voyagé, s’imprégnant de mille traditions et influences musicales. Cette fois, c’est dans le temps qu’ils voyagent, séduits et interpellés par les excentricités rythmiques et harmoniques des sonates de Scarlatti, des excentricités qui ouvrent la porte à l’improvisation et aux variations. Les voici donc qui retrouvent le très talentueux pianiste Fabian FIORINI pour sortir  l’album « SCARLATTI BOOK » et le proposer sur scène.

Le résultat est bluffant de talent, d’originalité et de virtuosité. 

Photo the Guardian

 » Je pense que je te suivrai bientôt… »  . C’était il y a peu, Léonard COHEN s’adressait à  Marianne IHLEN, l’une des grandes femmes de sa vie, qui venait de mourir . Ce 1o Novembre et Los Angeles lui ont donné raison : lui aussi a rejoint les étoiles. Pour ce qui est d’entrer dans la légende, c’était chose faite depuis très longtemps! Un demi siècle de carrière, 14 albums, un talent au-delà des modes …. et cette personnalité, cette élégance, cette voix, reconnaissable entre toutes… Léonard COHEN a forcément été présent dans notre vie, à un moment ou à un autre, lors d’une peine, à l’aube d’un amour, entre bonheur et nostalgie. Poète de la mélancolie à la voix grave, profonde et mesurée … nous avons tous notre chanson préférée de Léonard COHEN   :    » Halleluyah « ? « Suzanna »?,  » So long Marianne »?…

Voici le magnifique  » CHELSEA  HOTEL » ( première version), écrit pour Janis Joplin….

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Photo jazz radio

En 2013, PEIRANI et WOLLNY enregistraient « Thrill box » (avec Michel BENITA à la contrebasse) . Trois ans plus tard, ils se retrouvent pour un album en duo, pour le jazz et au-delà du jazz…et ils nous présentent « TANDEM ».

Tous deux y confirment leur talent, leur maîtrise et leur inspiration…un talent  par ailleurs  reconnu depuis des années dans leurs pays respectifs:

Prix du Musicien Européen pour l’Académie du Jazz en 2015, Michael WOLLNY est sans conteste le pianiste-star de la jeune scène jazz allemande.

Victoire du Jazz en 2014, Artiste de l’année en 2015 et Prix Django Rheinhardt, Vincent PEIRANI a réussi à renouveler le style et le son de l’accordéon, que ce soit en solo ou aux côtés de Michel PORTAL, de YOUN SUN NAH ( ou de STROMAE!) et de bien d’autres artistes.

Ces 2 surdoués qui se sont rencontrés en 2012, se sont rapidement sentis complices et complémentaires, et TANDEM confirme l’intelligence et la modernité de leur duo. On y entend un étonnant « HUNTER » ( le boléro de Björk) revisité avec passion, l’adagio pour cordes de BARBER, et bien sûr des compositions à 4 mains … Au final, à l’écoute comme en concert ( le premier a eu lieu au Tourcoing Jazz Club il y a quelques jours, devant un public enthousiaste), TANDEM est un dialogue musical abouti, novateur et convaincant, dans lequel le plaisir de jouer ensemble transparaît à chaque morceau…

Album disponible chez les disquaires, sur AMAZON et ITUNES 

« Ma Vie de Courgette » est un film d’animation  franco -suisse  ( durée 1ho6 ) réalisé par Claude Barras et sorti le 19 octobre sur les écrans français….Un petit régal!

L’HISTOIRE:   La vie ne se montre pas très douce avec le petit Icare (euh! pardon, avec Courgette, car il préfère qu’on l’appelle ainsi) : déjà, il n’avait pas de papa, et voici que sa maman (qui » buvait beaucoup de bière mais faisait de la bonne purée ») meurt accidentellement. Alors un flic gentil et intelligent (il y en a, même dans les films d’animation!) le conduit dans un foyer tenu par des éducateurs gentils et intelligents ( même remarque) où  d’autres gamin(e)s malmené(e)s  par l’existence essaient de se reconstruire une enfance. Et l’on plonge avec Courgette dans ce nouveau quotidien, fait de petits drames, de souffrances et de rigolades, de peurs et de tendresse, et aussi de blagues et d’humour!

Une émotion sans mièvrerie est au rendez-vous, pour les enfants ( à partir de 6/7 ans) comme pour les adultes. Le plaisir cinématographique aussi, car Claude BARRAS réalise une vraie prouesse ( 2 ans de travail quand même!),  en animant ses personnages comme s’il dirigeait des acteurs .

Les critiques ont encensé le film, les forums de spectateurs aussi….et pourtant, les cinémas ne le programment pas tous , loin de là! Sa place est même bien discrète sur les écrans de ces vacances de Toussaint…mais « Ma Vie de Courgette » vaut  un petit déplacement supplémentaire!

 

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