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Les habitués des Musiques Sacrées de Fes s’inquiétaient, voire s’énervaient, les mauvaises langues ne se gênaient pas, et des rumeurs couraient… festival annulé? programmation aléatoire ?…Le fait est que la communication était inexistante, ce qui ne calmait pas les esprits!..Mais depuis quelques jours, le site internet du Festival est en ligne et un programme dit     » presque définitif » est publié…. Donc on peut enfin parler du Festival de Fes 2015 et sa 21ème édition aura bien lieu ( du 22 au 31 mai  et non en juin, pour cause de Ramadan).

Cette 21ème édition marque un tournant dans l’histoire des Musiques Sacrées de Fes. Pendant plus de 20 ans, Faouzi Skali a été l’initiateur et l’âme du Festival, avec un succès indéniable, car il a su en faire un événement reconnu pour la qualité de sa programmation autant que pour l’esprit très particulier qui y soufflait chaque année, le fameux « esprit de Fes » , exemple d’ouverture et de tolérance entre les cultures….F. Skali a quitté la direction du Festival et celle de la « Fondation de Fes » il y a quelques mois, se consacrant aujourd’hui au Festival Soufi et à d’autres projets personnels…et c’est  bien  une nouvelle équipe qui va maintenant concevoir et piloter le Festival de Fes, même si Alain Weber en reste le Directeur  Artistique. Le nouveau directeur du Festival et de la Fondation de Fes est un diplomate de carrière, Tajeddine BADDOU , qui se retrouve en tandem avec un nouveau Président, Abderrafi ZOUITEN, lequel a remplacé Mohamed KABBAJ … Quant au Forum de Fes il sera désormais dirigé par le philosophe  Ali BEN MAKHLOUF .

Quel impact cela aura-t-il sur le Festival? Il semble bien que des changements soient déjà perceptibles  dans le choix des artistes et des concerts … 50 spectacles et 500 artistes sont annoncés pour les 9 jours de Festival, entre concerts à Batha et « grands » concerts du soir à Bab Makina . Mais peu , voire pas, de « star internationale » ( alors que ces dernières années encore ont permis d’entendre des artistes mythiques). La programmation 2015 apparaît plus resserrée autour du thème de l’édition ( « Fes au miroir de l’Afrique ») , faisant largement place à des artistes marocains, ou, plus généralement, africains et orientaux…manifestement de valeur, mais pour la plupart inconnus ou peu connus d’un public français et européen très présent aux Musiques Sacrées. Même impression quant aux invités aux tables rondes du Forum…les personnalités habituelles ne font pas partie des noms pressentis… Faut-il se réjouir du changement et y voir un renouveau, ou faut-il craindre une baisse de qualité pour le Festival? A la fois sans doute un peu des deux et ni l’un ni l’autre, on verra et on jugera! La première lecture du programme est, c’est vrai, un peu décevante lorsqu’on est  orienté « culture musicale occidentale »…pas de « choc », pas de   »mythe » ( les Temptations c’est un peu lèger pour rêver!..), peu d’artistes-références. Puis on relit tout ça, on réfléchit,  et on en vient à se rappeler que les années précédentes, les déceptions sont parfois venues d’artistes mondialement connus et reconnus . Certes Paco de Lucia était extraordinaire, Patti Smith étonnante, et Joan Baez  à la hauteur de son passé, mais Archie Shepp a déçu, Roberto Alagna était  » a minima », et on attendait mieux d’un Buddy Guy…alors que de belles surprises et découvertes ont pu se faire au détour d’un concert  de Batha par exemple.

Par ailleurs, côté FORUM , il faut reconnaître qu’au fil des ans, et sans contester leurs compétences, beaucoup des personnalités présentes dans les tables rondes  en étaient devenues des « piliers » incontournables … et on retrouvait d’année en année finalement toujours les mêmes  autour de Faouzi Skali , certains habitués du Festival commençant d’ailleurs à trouver que cela tournait un peu trop au microcosme… Alors un vrai changement et une ouverture seront peut-être bienvenus? …ceci dit,  l’enjeu n’est pas facile pour Ali Ben Makhlouf, car forcément  comparaison sera faite , et le public du Forum est exigeant !

…..Moralité: Si on laissait sa chance à la 21ème édition du Festival des Musiques Sacrées, sans complaisance, mais dans un esprit d’ouverture et de tolérance ( l’ « esprit de Fes », quoi!) ?

Comme chaque année en juin, Fes a ouvert ses scènes et sa Médina au Festival des Musiques Sacrées du Monde…un rendez-vous « sacré » pour bien  des fidèles du festival, toujours heureux de découvrir des artistes ( célèbres et  moins connus, mais souvent  talentueux et parfois inattendus ou surprenants) dans un environnement  exceptionnel, ce qui ajoute bien sûr au plaisir…

Cette année encore il y eut de belles surprises et de beaux moments musicaux… Petite rétrospective ! ….

UNE  CREATION  REUSSIE : LE  SPECTACLE  D’OUVERTURE

ouverture fes2014

Pour son 20ème anniversaire, le Festival présentait une soirée inaugurale originale par le thème et ambitieuse dans la forme,  intitulée « Conférence des Oiseaux, lorsque les cultures voyagent… »,  rendant ainsi hommage  à un auteur persan du 12ème siècle, Farid Ud Dîn Attâr, et à son conte mythique.

Ce spectacle vivant , rencontre musicale multiculturelle, a su mêler chants et danse traditionnels, poésie, propos théâtral, voire  art du cinéma, avec beaucoup d’esthétisme et sans jamais perdre de vue l’ « esprit de Fes » . Un voyage vers les différentes cultures du monde qui inaugurait à merveille le Festival et qui a séduit la plupart des spectateurs. Layla Skali-Benmoussa, Faouzi Skali, Alain Weber et Thierry Poquet ont tenu leur  promesse de nous faire parcourir  les 7 vallées symboliques avec plaisir et curiosité. Cette année, le spectacle d’ouverture n’est pas loin d’avoir fait l’unanimité!

Mention spéciale pour Abeer Nehmé, qui s’est montrée magistrale dans le rôle principal et à qui le spectacle doit beaucoup. Ce fut aussi la première occasion d’applaudir Luzmila Carpio ( un article de culture-et-plus lui a été consacré) dans la Vallée de la Perplexité, et d’apprécier par exemple Musa Dieng (Vallée de la Quête), Gérard Edery ( Vallée de la Connaissance)  ou encore les Choeurs de St Ephraïm (Vallée de l’Amour)…

Espérons que, comme cela a été évoqué, ce spectacle pourra voyager et être présenté sur d’autres scènes du monde!

UN  RESSENTI  MITIGE  POUR   ROBERTO  ALAGNA   »A  MINIMA »

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C’est vrai, on connaissait le programme du concert (« Méditerranéo » ) et bien sûr Roberto ALAGNA  chante extrêmement bien…il n’empêche, son concert  a laissé beaucoup de ses admirateurs sur leur faim. Comme un goût de « trop peu »,voire une impression de sous-emploi des capacités  du ténor. Roberto Alagna dans des chansons traditionnelles , voire dans des chansonnettes, ce n’est pas déplaisant, mais c’est forcément décevant, surtout quand il y a peu de chansons et qu’elles sont un peu trop basiques, y compris vocalement. Alors, certains ont aimé, et d’autres ont regretté…d’autant que la scénographie du concert n’avait vraiment rien d’ exceptionnel!

 

 

UNE  ARTISTE  ETONNANTE : LUZMILA  CARPIO

luzmila carpio fes

Voir l’article la concernant sur ce même site culture-et-plus

UN  PUR   PLAISIR  MUSICAL :  LE  CONCERT  DE  JORDI  SAVALL

jordi savall fes

Voir l’article sur son concert à Batha sur ce même site culture-et-plus

UNE  BONNE  SURPRISE : LA  FORME  ET  LA   »JEUNESSE »  DE  JOHNNY  CLEGG

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Personne n’a oublié le « Zoulou blanc »…c’était un vrai plaisir de le retrouver semblable à lui même, comme si les années ne l’avaient qu’effleuré…Pas de grande nouveauté dans son concert, mais une belle prestation. En plus, Fes 2014 rendait hommage à Nelson Mandela, et personne ne pouvait mieux le faire sur scène que Johnny Clegg!

 

 

YOUSSOU  N’DOUR … ET  LA  SONO, HELAS!

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Première petite déception: la programmation laissait entendre que Johnny Clegg et Youssou N’Dour donnaient un concert commun…En fait, mis à part « Assim Bonanga » chanté en duo en hommage à Mandela, leurs deux concerts étaient juxtaposés, pas du tout communs. On attendait beaucoup de Youssou N’Dour, « grande voix de l’Afrique » , mais…pourquoi cette sono, qui a pris le dessus, heurtant les oreilles, écrasant toute musicalité et ne permettant aucune nuance ?

Ceux qui connaissaient le chanteur ont été déçus, et ceux qui pensaient le découvrir n’ont pas pu l’apprécier, dommage!

 

 

UNE  DECOUVERTE : LES  BARDIC  DIVAS

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Avant leur concert à Batha, presque personne dans le public ne connaissait ces 3 femmes poètes , musiciennes et chanteuses venues d’Asie centrale.

Une heure plus tard, elles avaient étonné et séduit la plupart des spectateurs par leur talent et leur beauté. Une vraie surprise, comme le Festival de Fes sait les réussir!

 

 

TALENT… ET  NOSTALGIE … AVEC  TOMATITO

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Personne n’avait oublié la somptueuse prestation de Paco de Lucia un an auparavant, rendue plus précieuse encore par le décès de l’artiste quelques mois plus tard. Entendre et applaudir Tomatito, natif d’Alméria et maintenant dernier représentant de l’élite de la « guitarra flamenca » entrainait donc une certaine dose de nostalgie.

Le  Tomatito Sextet, accompagné d’Omar Boutmzourt ( luth lotar tamazight) a été à la hauteur de ce contexte, des attentes et de son talent, et a offert de très beaux moments au public de Batha

Une heure et demie d’excellence, un moment enchanté et enchanteur sous le grand chêne des jardins Batha…l’éblouissante prestation de Jordi Savall aux Musiques Sacrées du Monde 2014 mérite tous les superlatifs. Ce fut une confirmation pour beaucoup, une découverte pour certains, mais tous ont eu le sentiment d’avoir partagé un grand moment musical et un très beau moment, tout simplement…

Jordi Savall ( lire d’archet et rebab)  y présentait « ORIENT-OCCIDENT », avec Driss El Maloumi (oud et chant), Hakan  Güngor (kanoun) et  Houcin Baqir (percussion). Le musicien catalan ( également compositeur, concertiste, chercheur et pédagogue), qui s’est construit une grande renommée en jouant des instruments anciens est à la fois un acteur majeur du renouveau de la musique ancienne et un ardent promoteur de la modernité de ce répertoire. Des partitions oubliées et retrouvées aux traditions orales, Jordi Savall explore  avec bonheur les dialogues renouvelés des cultures orientales et occidentales.

A Fes, le public, impressionné et conquis, a totalement adhéré au dialogue proposé par l’ensemble Hespérion entre les musiques instrumentales de l’ancienne Espagne chrétienne  et celles des grandes traditions de l’Orient…pour un concert qui méritait vraiment une place d’honneur dans un Festival particulièrement attaché au dialogue des cultures…

Elle chante pour les plantes, les oiseaux , et de sa voix cristalline elle leur parle…Que ce soit par son talent ou par sa vie, Luzmila Carpio est vraiment quelqu’un de particulier!

Née en 1954 dans un petit village bolivien de la Cordillère des Andes, Luzmila Carpio est d’origine Quechua-Amara. Quand , en 1971, elle débute dans une station de radio, il y a quelque temps déjà qu’elle compose et chante en Quechua des chansons traditionnelles qui racontent la nature, son peuple et les coutumes. Accompagnée d’instruments traditionnels, elle reprend aussi des chansons déjà connues de ses ancêtres…elle est même élue « nusta » ( princesse) nationale avec le groupe Los Provincianos.

Mais sa vie n’est pas que musicale! Tout le combat de Luzmila Carpio est de faire connaître et reconnaître les racines et la culture de son peuple, et elle s’y donne toute entière. Au début des années 80, elle s’installe à Paris et  s’engage aux côté de l’Unicef et de la Cimade, en faveur du droit des femmes, de l’accès à l’eau, de l’éducation en Bolivie etc…Par ailleurs, la reconnaissance artistique est au rendez-vous, et elle reçoit le titre d’ ambassadrice de la culture indigène bolivienne.

En 2004, elle sort l’album « Le Chant de la Terre et des Etoiles »… puis elle participe au « Concert pour la paix »… avant  - excusez du peu!- d’être nommée Ambassadrice de Bolivie en France ( de 2006 à 2010) et de devenir  Grand Officier de l’Ordre du Mérite en 2011! .

A travers les jayllis( hymnes sacrés), les arawis (plus sentimentaux) et les chants liés à la fertilité, Luzmila Carpio nous ouvre les portes d’un univers musical très poétique et presque oublié. A capella ou sobrement accompagnée d’un luth charango, d’une guitare, de flûtes ou de choeurs, elle chante les prières aux divinités, à son peuple, à la nature, au condor…ou nous enchante d’une berceuse traditionnelle. Dotée d’une voix particulière, elle est capable de monter dans les aigus les plus purs. Yehudi Menuhin disait de Luzmila Carpio  » c’est un violon qui chante », et lorsqu’elle imite leurs trilles et leurs chants, même les oiseaux s’y trompent et lui répondent… C’est ce que ceux qui l’ont entendue à FES il y a quelques semaines ont pu  vérifier dans les jardins de BATHA!..tout comme ils ont pu apprécier non seulement les dons d’artiste de Luzmila Carpio, mais aussi sa personnalité à la fois naturelle , déterminée et disponible…

 

Le Festival des Musiques Sacrées du Monde à Fes n’est pas uniquement musical… Les matinées des 5 premiers jours sont consacrées au « Forum de Fes », qui a l’ambition de faire réfléchir et discuter sur le monde tel qu’il va ou plutôt  ne va pas et qui aborde de grands sujets de société (c’est  »une âme pour la mondialisation »...). Venus de partout, personnalités politiques ou médiatiques, universitaires, philosophes , artistes, et bien sûr simples festivaliers se retrouvent dans le cadre enchanteur et apaisant des jardins de Batha, où « l’esprit de Fes » ne manque pas de souffler ses valeurs de tolérance et d’ouverture… Est-ce la magie du lieu ou le talent des organisateurs, il y survient  plus qu’ailleurs  de belles rencontres,  des dialogues rares ou improbables,  des témoignages inattendus… et si on sait bien que cela ne résoudra  pas les grands problèmes, voir que le dialogue est possible est déjà une satisfaction, parfois un événement et qui sait, une première impulsion…même si l’actualité se rappelle parfois brutalement à nous!

Intense et vivant, le Forum de cette année aura particulièrement marqué les esprits. Comme prévu, il a d’abord rendu  hommage à Nelson Mandela ( une table ronde réunissant Jack Lang, la vice-présidente du Sénat français Bariza Khiari et Patrick Viveret), puis c’est «  le vivre ensemble » , les sociétés multiculturelles et les enjeux de la diversité ( y compris au Maroc)  qui ont fait table ronde et discussion ( entre autres  autour d’Eric Fottorino, puis avec la ministre gabonaise de la culture, le ministre marocain de la culture, le haut fonctionnaire français Zaïr Kedaddouche etc …)  avant que ne soit posée une  question  volontairement provocatrice  :  » un Nelson Mandela est-il possible au Moyen Orient? ». Leïla Chahid , entourée de la cinéaste Simone Bitton et de la journaliste israélienne Amira Hass, ainsi que du réalisateur Nabil Ayouch ( « Les chevaux de Dieu ») a mis toute sa passion et sa force de conviction pour situer le problème palestinien,en éclairer l’urgence, donner du corps et du coeur à ses attentes , tout en faisant preuve de réalisme politique et humain…de quoi passionner le public et lui donner envie de mieux comprendre et s’informer….e t les événements actuels  s’y prêtent dramatiquementt!

Autant de temps forts qui  font aussi la personnalité au Festival de Fes…et qui ont donné de la profondeur au thème de cette 20ème édition, le « voyage des cultures »...

Effervescence des derniers jours à FES : ce vendredi 13 JUIN (et jusqu’au 21) le FESTIVAL des MUSIQUES SACREES DU MONDE inaugure sa 20ème édition….une édition dont la programmation est cette année placée sous le signe du « voyage des cultures » et qui rendra hommage à Nelson Mandela lors du Forum de Fes ( conférences-débats durant 5 matinées du Festival).

Vendredi soir, c’est l’oeuvre poétique  « La Conférence des oiseaux »  qui sera le thème du spectacle d’ouverture, annoncé comme une création audacieuse associant musique, danses, arts du cirque etc.. et qui devrait se dérouler en présence de la Princesse Royale Lalla Salma…  Roberto Alagna, Johnny Clegg et Youssou N’dour (tous deux réunis pour évoquer Mandela), Rokia Traoré,  Buddy Guy et bien d’autres  animeront ensuite les grands soirs de Bab Makina… Bien sûr, les délicieux jardins du Musée Batha accueilleront comme toujours les concerts de l’après midi, plus intimes et très prisés du public ( on y découvrira par exemple l’ensemble Atlan, Jordi Savall, les chants sacrés des gitans etc…), et les palais de la médina s’ouvriront pour les concerts des « nuits de la Médina » et pour la musique Soufie.

Personnalités ou simples quidams, les très nombreux habitués du festival en attendent beaucoup, ne doutant pas que , cette année encore, l‘ »esprit de Fes » soufflera sa brise très particulière, empreinte de tolérance, d’ouverture…et aussi  de découvertes et de surprises inattendues…

De tout cela bien sûr, culture-et-plus vous  rendra compte!

« Ni pop,  ni jazz,  ni classique »  ou encore   » quelque chose de très contemporain interprété par des instruments traditionnels »...voilà comment Rokia TRAORE définit sa gageure artistique personnelle . Et elle s’emploie à le démontrer sur scène actuellement, puisque ces prochaines semaines, elle se produit en France, en Belgique et en Russie, avant de participer au Musiques Sacrées du Monde à FES le 16 juin .

L’ artiste malienne, née à Bamako en 1974, à la fois chanteuse, auteur-compositeur, interprète et guitariste,  n’est bien sûr pas une inconnue pour le public. De nombreux succès ont jalonné sa carrière, en particulier une  Victoire de la Musique en 2009 pour son album Tchamantché. En 2005, elle avait participé à « Billie and me », et en 2010, elle a composé et chanté pour le DESDEMONA de P. Sellers et T. Morrisson, avant d’entamer (2011-2012) une tournée assez triomphale, « ROOTS »….A chaque fois, son style artistique mêle la tradition malienne ( musique mandingue) et le modernisme occidental. Le fait d’avoir suivi un père diplomate dans des affectations successives n’est sans doute pas étranger à cette ouverture ( Rokia  Traore a par ailleurs fait des études à Bruxelles). Si ses musiciens utilisent des instruments traditionnels  (balafon, djembe…), sa voix, elle, reste libre de s’évader hors des frontières. Depuis quelques années, elle a également intégré guitare électrique, basse et batterie en accompagnement de son répertoire.

Rokia TRAORE refuse « d’entrer dans des cases » et ce mélange de calme intérieur et d’indéfectible détermination lui a valu le qualificatif de « guerrière tranquille » ( par Métronews). Son album   »BEAUTIFUL AFRICA » (2013) marque un virage « rock », en même temps qu’un engagement politique plus marqué. Rokia TRAORE, qui s’autodéfinit comme « afroprogressiste » a aujourd’hui fait du monde entier sa scène….

« Une référence », « un mythe », « une légende vivante »….les superlatifs ne sont pas assez nombreux pour qualifier BUDDY GUY… ce musicien de blues -rock que les plus grands vénèrent ( les Rolling Stones par exemple sont des admirateurs inconditionnels). Un artiste rare, mais qui nous donne une chance de l’applaudir cet été, car il a 2 concerts programmés en France en juillet ( à l’Olympia le 3 juillet  et au Festival Jazz de Vienne le 4 juillet), et par ailleurs, il assurera la clôture  du 20ème Festival des Musiques Sacrées de Fes le 21 juin prochain….

BUDDY GUY est né en Louisiane en 1936. C’est là qu’il découvre la musique, très modestement d’abord, sur une guitare qu’il a lui-même fabriquée. En 1957, il part pour Chicago, travaillant comme guitariste de studio, jouant aussi en solo et se produisant dans des bars etc… Il se fait peu à peu remarquer, le vrai succès arrivant dans le milieu des années 1960, il enregistre alors avec Eric CLAPTON et multiplie les tournées mondiales ( en 1970, il fait la première partie de la tournée française des Rolling Stones). Comme les autres  bluesmen , il connaît  une éclipse dans les années 70 et  80, mais un renouveau en 1989  lorsqu’il ouvre son  fameux  club  » LEGEND  »  à  Chicago  puis  sort   l’album    » damn right, I’ve got the blues »(1991),  qui relance sa carrière. Son nom appartient  aujourd’hui  à la même légende  que ceux  de John Lee HOOKER ou de BB KING, et  il fait incontestablement partie des très grands du blues rock.

Citons 2 autres albums de sa discographie: « Sweet Tea » en 2001 ( album très lancinant, qui s’apparente plus au « blues hypnotique »)  et le plus récent,   »Rythm and Blues » en 2013

Le 20ème Festival des Musiques Sacrées du Monde  se déroulera à FES du 13 au 21 juin 2014, sur le thème « la Conférence des Oiseaux… » ( allégorie poétique du persan Farid Al-Din Attar écrite au 12ème siècle)… » ou lorsque les cultures voyagent »… La programmation est en cours de finalisation. Parmi les artistes annoncés, on trouve Roberto ALAGNA, YOUSSOU N’DOUR, Rokia TRAORE, Jordi SAVALL , Buddy Guy ou encore Johnny Clegg. Quant au Forum de FES, il devrait faire référence à Nelson MANDELA…  

A bientôt pour le programme définitif!

Entre grands concerts du soir à Bab Makina et concerts plus intimes  l’après-midi dans les jardins Batha, les plaisirs musicaux n’ont pas boudé la 19ème édition des Musiques Sacrées du Monde à Fes. Alors que se prépare la 20ème édition, pourquoi ne pas revenir sur quelques moments forts de juin 2013, ne serait-ce que pour le plaisir de revivre des instants de découverte et d’émotion…

 

Une rencontre inattendue: les voix nomades Sardaigne/Mongolie

…L’occasion de découvrir le chant diphonique khöömii et de retrouver les polyphonies des Tenores. Mais surtout, l’émerveillement d’entendre une fusion-évidence, car non seulement l’accord était musicalement beau, mais sardes et mongols contaient la même histoire…et nous la comprenions!…des instants magiques qui gomment les frontières, comment mieux illustrer l’ « esprit de Fes » !?

 

 

La perfection : Paco De Lucia

La légende vivante du flamenco a littéralement envouté le public de Bab Makina. Quand le professionnalisme aiguise l’émotion, on touche au génie et à la perfection. Et ce fut le cas tout au long du concert. Connaisseur ou non du flamenco, chacun a eu conscience de partager un moment d’exception. Les chanteurs et les musiciens de Paco De Lucia étaient sur le même registre d’excellence…et que dire du danseur Farruco ? Il a subjugué chaque spectateur et a fait un triomphe !

 

Une déception : Assala Nasri

Le concert devait être particulièrement « chaud »,eu égard à la popularité et à la personnalité de la chanteuse syrienne, mais le rendez-vous a été manqué. Le public n’a pas adhéré au choix des morceaux chantés par Assala Nasri ( son dernier album), et la vedette n’a pas apprécié les remous des spectateurs…A-t-elle eu peur comme on l’a dit?a-t-elle été vexée par les réactions ? Toujours est-il qu’elle a quitté prématurément (pour ne pas dire précipitamment) la scène, laissant une impression assez négative sur son concert. C’est la déception de cette programmation…

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La séduction : Ana Moura

Ana Moura revisite le Fado, qu’elle dynamise et dynamite. Elle le fait avec charme et talent, alliant douceur et énergie. Elle a totalement séduit le public de Batha…et c’était justifié !

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Un succès … populaire : El gusto

…ils ne sont pas jeunes ( Robert Castel est un des piliers de la formation), ils ne sont pas beaux, leur humour « date » un peu, ils ne sont pas tous bons musiciens ou chanteurs…et pourtant le public a fait un vrai triomphe à cet ensemble jovial , né dans la casbah d’Alger et qui mêle le châabi algérois et la musique arabo-andalouse et judéo-arabe dans un esprit de fête et de convivialité…alors pourquoi faire la fine bouche, ce fut une soirée appréciée !

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Un mythe bien vivant : Patti Smith

Certains s’interrogeaient sur la concordance Patti Smith/Musiques sacrées, beaucoup se demandaient comment l’icône punk-rock avait vieilli…eh bien la réponse était dans le concert. Patti Smith a assuré dans tous les sens du terme. Sa voix n’a rien perdu, son énergie est intacte, et, manifestement, elle aime toujours autant la scène. Le public n’a donc pas boudé son bonheur, même le spectateur  Edgar Morin a retrouvé ses 20 ans et n’a pu s’empêcher de danser!Un concert mythique qui gommait les années ! 

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