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(Photo Voix du Nord)

« La mort dans l’âme », Martine AUBRY, maire de Lille , a donc finalement annoncé que l’édition 2016 de la Braderie de Lille était annulée en raison de la menace terroriste, et compte-tenu de la configuration de cette manifestation, impossible à sécuriser …et c’est la première annulation de la Braderie depuis 70 ans.

A tort? A raison? Faut-il résister à Daech en ne renonçant à rien? Ou bien le principe de précaution doit-il prévaloir lorsque des vies sont menacées?…La  décision d’annulation n’a pas fini d’alimenter les discussions dans les Cafés du Commerce et autres apéro-BBQ du mois d’Août!!

Mais 2016 sera donc bien une « année sans » pour la Braderie de Lille…connue pour être l’un des plus importants rassemblements en France et le plus grand vide-grenier d’Europe. Voici quelques dates et quelques chiffres qui donnent une idée de la dimension et de l’impact de la « Grande Braderie »…

La Braderie de Lille puise très certainement ses racines dans la « Franche Foire » de Lille , dont on trouve une trace écrite dès 1127. Celle-ci se tenait en Août, et autorisait les marchands de l’extérieur à vendre leurs produits durant 7 jours. Le nom lui-même , « Braderie », pourrait dater de 1146, lorsque des aubergistes demandèrent  l’autorisation de « rôtir » durant la Foire, car « rôtir » se dit « braden » en flamand… (et, par parenthèse, le poulet rôti fut durant des siècles, bien avant les moules-frites, le plat traditionnel de la Braderie!).

Mais c’est au début du 16ème siècle que la Foire de Lille devient un vide-grenier car en 1523, les domestiques sont autorisés à vendre les vêtements et objets usagés de leurs maîtres « du coucher au lever du soleil » , fin août/début septembre et durant 7 jours. Au 17ème siècle, il semble que moins de marchands fréquentent la Foire-Braderie  de Lille , mais que les artistes ambulants y soient plus nombreux.

Au 19ème siècle, des bourgeois puis des camelots venus d’autres régions viennent à leur tour vendre leurs objets… et c’est fin 19ème-début 20ème que les frites font leur apparition à la Braderie . 

La période 1950/60  est peu marquante dans l’essor  de la Braderie. Celle-ci renaît surtout à partir des années 70…et établit alors solidement la tradition des moules-frites!

CES DERNIERES ANNEES , la GRANDE BRADERIE c’était:

Plus de 100kms de trottoirs ( donc d’étalages!), 10000 exposants ( 300 brocanteurs professionnels), avec des secteurs qui se sont peu à peu spécialisés, entre professionnels, associations, vide-greniers d’amateurs etc…

Environ 500 tonnes de moules et 30 tonnes de frites ( …d’où 400 tonnes de détritus!). Le défi des restaurateurs étant d’avoir devant chez chacun le plus gros « terril » de moules vides  … Mais décidément, 2016 est une année noire pour la Braderie, puisqu’elle a vu il y a peu la fermeture du restaurant-vedette « AUX MOULES »)

Tout cela pour environ 2,5 millions de visiteurs ( impossible de les compter précisément!). A titre indicatif, la Braderie de Rennes, 2ème braderie en France, draine au mois de juin « seulement »400 000 visiteurs .

Des manifestations associées devenues traditionnelles, elles aussi: un semi-marathon le samedi matin, des manèges, des concerts etc…. Officiellement, la Braderie démarre le samedi à 14h et se termine le dimanche à minuit ( auparavant, « le- lundi-suivant- le- premier- dimanche- de- septembre », férié, était le « vrai » jour de braderie, puis celle-ci s’est progressivement décalée sur le week- end et peu de salariés bénéficient  encore du lundi férié). Mais officieusement, les meilleurs achats se font avant l’heure officielle , voire la veille ou l’avant-veille ( car les brocanteurs campent sur place plusieurs jours avant l’ouverture!).

Des transports en commun non-stop, beaucoup de bière ( un peu trop pour l’ambiance des rues quand l’heure avance…), des contrefaçons saisies ( un record en 2010 avec 23000 saisies)

….Des inconditionnels, des gens qui disent que ce- n’est -plus- ce- que- c’était…bref, une date que chacun connaît bien au-delà de Lille…et qu’on espère bien voir revivre en 2017!…Madame AUBRY a dit qu’elle y travaillait d’ores et déjà!

(Photo Ouest France)

…et en plus , cette année, ils philosophent!! qu’est-ce que la Beauté, par exemple ? se demande Firmin au début du spectacle…

Mais les préoccupations beaucoup plus matérielles de ses acolytes vont évidemment tout faire foirer…Alors, la médiocrité individuelle rend-elle impossible l’élévation intellectuelle ?? A vrai dire, pour la suite du show, peu importe la réponse! Car place au joyeux bordel qui s’installe sur scène et dans la salle ( les Chiche Capon se déplacent , et vous pouvez tout à fait en retrouver un assis sur votre siège sans l’avoir vu venir!).

Bref, on retrouve bien dans ce spectacle les 3 clowns de l’absurde que sont Frédéric Blin, Matthieu Pillard et Patrick de la Valette, toujours accompagnés de leur complice musicien ( un peu moins maboule, mais quand même largement décalé) Ricardo Lo Giudice. Comme dans leurs spectacles  » Le Oliver St John Gogerty » et « La 432″, ils portent le non-sens au paroxysme, montent en épingle le grand-n’importe-quoi, en un mot « ils osent tout, c’est leur ADN »….

On peut être réfractaire à ce style et n’y trouver aucun humour. Pourtant, en général et un peu partout ( à Paris, au Festival d’ Avignon, dans les tournées en province), le public se laisse emporter par leur folie et , séduit par la joyeuse pagaille, il rit. Beaucoup. Vraiment beaucoup.

Du coup, au sortir du spectacle, la phrase la plus prononcée est  » ah! ça vide la tête! »….

Agenda des Chiche Capon : consulter le site  www.caramba.fr    pour mieux connaitre le parcours des Chiche Capon et leurs projets de tournées.

Photo d’après milideiasdesign.wordpress.com

L’idée était originale et le pari ambitieux: choisir d’interpréter une oeuvre de Marcos PORTUGAL sinon inconnue, du moins plus que rare ( car jouée une seule fois auparavant en France , en 2011, et sortie sur un seul CD, en 2013) relevait assurément du défi pour le choeur arrageois  LA  CANTARELLA… Mais un défi relevé avec succès lors du premier concert donné samedi dernier à ARRAS. L’Eglise Notre-Dame des Ardents était comble, et les commentaires unanimement élogieux ont salué  » une alliance choeur/solistes servant à merveille une oeuvre musicale flamboyante ». Il faut dire que les 65 choristes amateurs de La Cantarella ont su, pour l’occasion et sous la direction de Thomas FLAHAUW, s’associer avec bonheur à 6 solistes  et  2 musiciens ( organiste et violoncelliste)….

Ceux qui ont manqué ce premier rendez-vous ont encore deux opportunités pour entendre la  MISSA  GRANDE : La Cantarella  se produit à nouveau samedi 19 Mars en l’Eglise Notre-Dame de DOUAI ( à 20h30),  puis Dimanche 20 Mars en l’Eglise Saint-Martin de CARVIN ( à 16h)…

 Billetterie  sur  place . Renseignements au 06 33 15 95 74

Affiche Missa Grande Arras PDF Créator _opt

Musicologues et mélomanes, à vos agendas! L’ ensemble vocal arrageois   »LA CANTARELLA  » fait preuve d’ambition et d’originalité en proposant la « MISSA  GRANDE » de Marcos PORTUGAL lors de 3 prochains concerts ( le 11 mars à Arras, le 19 mars à Douai et le 20 Mars à Carvin) …

Une programmation particulièrement rare en France, car cette MISSA GRANDE composée en 1782 n’y a pratiquement jamais été interprétée, mis à part une première aux Invalides en 2011, et il n’existe par ailleurs qu’un seul enregistrement CD, sorti en 2013 (par Bruno PROCOPIO et le Nouveau choeur de l’Echelle).

C’ est donc l’occasion de découvrir Marcos PORTUGAL, compositeur luso-brésilien certes méconnu de nos jours, mais qui fut très célèbre et renommé de son temps, tant au Portugal où il naquit (1762) qu’au Brésil où il passa une grande partie de sa vie et où il mourut en 1830. La grande réputation dont il put jouir de son vivant ( et bien qu’il soit mort relativement oublié) est due à sa position privilégiée à la Cour et surtout à une oeuvre extrêmement prolifique ( pas moins de 40 opéras, d’innombrables pièces religieuses , et même des musiques patriotiques!). Entre Epoque Classique et Romantisme, la musique composée par Marcos PORTUGAL est « vive, ardente, très représentative de la culture musicale extra-européenne de son époque »…

Ecrite à l’occasion de la Sainte Barbe pour la Cour Royale du Portugal alors que Marcos Portugal n’a que 20 ans, la MISSA GRANDE, entre musique et liturgie, propose de surprenantes et belles sonorités, et montre en particulier de belles alliances entre choeurs et solistes.

La version présentée par La Cantarella sera celle écrite pour choeurs, solistes et basse continue ( 67 choristes, 6 solistes, avec  un organiste et une violoncelliste) sous la direction de Thomas FLAHAUW. Deux autres oeuvres seront également interprétées lors de ces concerts: l’une de Mozart jeune et l’autre de Michael Haydn.

EN PRATIQUE:              Concert du 11 Mars à ND des Ardents à Arras (20h)

                                               Concert du 19 Mars à ND de Douai (20h)

                                               Concert du 20 Mars à St Martin de Carvin (16 h)

    La Cantarella  siège social :         Office culturel  61 Grand Place 62000 Arras

                                                                      lacantarella.arras@gmail.com                                                                                                                                    Affiche Missa Grande Arras PDF Créator _opt

(Photo Ouest- France)

Pour présenter   »LA 432″  des CHICHE-CAPON et dernière pièce de sa saison, La VIRGULE  parlait d’un « spectacle déjanté »… c’est un euphémisme!!

Car les 4 compères Chiche-Capon sont tout simplement fous, allumés, totalement et excessivement cinglés…Ils osent tout ( et n’importe quoi), ne se refusent rien, ne reculent devant aucun ridicule. C’est leur ADN.

Résultat: 1h30 d’évasion absolument burlesque au pays du non-sens et des clowns car, bien qu’un peu ahuri au départ, le public se laisse embarquer et marche à fond. Et même pas honte! c’est trop bon de rire…

L’énergie des Chiche-Capon fait le reste, car le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne se ménagent pas!

La critique ( et même la critique parisienne) est d’accord avec le public, et salue le style et la performance de F. Blin, P. de Valette, R. Lo G. et M. Pillard avec une mise en scène de Karim Adda.

Les CHICHE-CAPON tournent actuellement avec  » LA 432″ . Ils seront par exemple à THONON, LYON et PARIS dans les prochaines semaines

On sait depuis longtemps l‘importance particulière du cinéma pour les habitants de Téhéran,et cela en dépit d’une censure omniprésente et d’innombrables interdictions de films…

Quant au réalisateur Jafar PANAHI, quoique connu et reconnu en Iran et ailleurs, il n’a tout simplement pas le droit de tourner. Le voici pourtant qui nous propose un incroyable film:  » TAXI-TEHERAN « , avec plus de maîtrise et d’insolence que jamais! Pour le réaliser, il s’est fait chauffeur de taxi dans la capitale iranienne, filmant comme sans y toucher  maintes petites et grandes scènes de la vie quotidienne . Ses acteurs? comment savoir, le film n’a pas de générique !…Quelques « vrais » clients peut-être, et bien sûr aussi, des parents ou des amis de Jafar PANAHI …. les dialogues sont-ils écrits ou improvisés? on ne sait pas trop non plus, sans doute un peu des deux, ce n’est pas le plus important …

 Car tout ça nous donne un film hors normes, plein d’énergie et de drôlerie, tendre, burlesque et acide. Un chef d’oeuvre à voir en priorité ( même s’il est absent des grandes salles commerciales), une  immersion inattendue dans une vie quotidienne  absurde et attachante, courageuse et obstinée …

Au-delà d’un succès d’estime et du bouche à bouche qui le recommande, rappelons quand même que  le film a obtenu l’Ours d’Or  au Festival de Berlin .

TAXI- TEHERAN , comédie dramatique iranienne, par JAFAR  PANAHI ( durée 1h22 )

Effervescence et compte à rebours pour l’Association  de Sauvegarde de la Villa Cavrois, puisque l’emblématique villa de Mallet-Stevens ouvrira ses portes au public le 13 juin 2015…

Pour nous aider à patienter, l’Association organise ce 2 mars à 19h, en partenariat avec Le Fresnoy, une projection du film de Marcel L’Herbier   »Le Vertige » (1926) , film dont le décorateur était précisément Mallet-Stevens. Richard Klein, architecte lillois et grand connaisseur de la Villa Cavrois introduira la séance sur le thème « Mallet-Stevens et le cinéma ». Quant à la musique accompagnant le film (muet), elle sera interprétée en live ( saxophone, guitare et batterie).

Le Vertige de Marcel L'Herbier, 1926

NOTES PRATIQUES

LE  FRESNOY  Studio National des Arts Contemporains   22 rue du Fresnoy 59200 Tourcoing

Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois      www6.nordnet.fr/mallet-stevens

Arras Filmfestival repart pour un tour…15ème édition du 7 au 16 Novembre…

Fort de son succès (35000 spectateurs en 2013), le Festival arrageois est parti pour une 15ème édition: du 7 au 16 Novembre, la ville vivra donc au rythme des films et des rencontres cinématographiques . Ce festival, qui se veut « festival de tous les cinémas » proposera à la fois de grands classiques et de nombreux films inédits (40 inédits et avant-premières , souvent en présence des équipes). Neuf longs métrages européens inédits en France seront en compétition, un hommage sera rendu aux grands noms du cinéma, et enfin, deux thèmes sont proposés cette année en rétrospective: La Grande Guerre au cinéma et Italian-américan.

L’occasion de revoir des oeuvres cultes et de découvrir des films nouveaux, parfois déconcertants ou sortant des sentiers battus, mais offrant souvent un regard personnel et pertinent sur la société d’aujourd’hui….

Pour en savoir plus et connaître le programme : www.arrasfilmfestival.com

Depuis 1944, année de la création de « HUIS CLOS » à Paris, on sait que « l’enfer, c’est les autres »… (même si Jean-Paul SARTRE contestait que cette réplique devenue slogan soit conçue au premier degré). Soixante-dix ans plus tard, la pièce,  reprise par La VIRGULE en ouverture de la saison 2014-2015, n’a rien perdu de sa force et de sa modernité. 

Dans un décor très dépouillé ( le « minimum requis » pour la pièce: trois fauteuils, un bronze de Barbedienne et un coupe-papier), la mise en scène d’Agathe Alexis et Alain Alexis Barsacq vise l’essentiel et valorise  la force des mots. C’est bien le texte qui est au centre de la mise en scène, servi par le jeu impeccable ( et implacable!) d’Agathe Alexis, impressionnante de présence , de maîtrise et d’acuité dans le rôle d’Ines…Valérie Dablemont, elle, incarne une Estelle sensible, vibrante et attachante…Du coup, bien que les interprètes de Joseph Garcin  et du garçon d’étage soient plus en retrait, on assiste à une excellente version de « HUIS  CLOS », à la fois fidèle à l’écriture de Sartre et parfaitement actuelle.

En pratique: jusqu’au 18 octobre à La Virgule, au Salon de Théâtre, Bd Gambetta à Tourcoing ( 03 20 27 13 63 )

Pour la fin de cette ( excellente) saison 2013/2014, La Virgule et Jean-Marc Chotteau ont invité le Collectif Mensuel de Liège à présenter leur création « L’Homme qui valait 35 milliards »… une pièce très actuelle, tirée du roman de Nicolas ANCION,  et dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle décoiffe! 

Le sujet? … un vrai/faux thriller politico-social. Rien moins que l’enlèvement de Lakshmi MITTAL par une bande de pieds nickelés emmenés par un artiste raté en mal de reconnaissance et un ouvrier sidérurgique déstabilisé. Le tout dans la ville de Liège , qui est en fait un vrai « personnage »   dans cette  pièce.

La forme?… des dialogues bien sûr (par ailleurs fort bien écrits et interprétés), de la vidéo ( pour une fois bien amenée et bien projetée) et de la musique en live ( un peu trop présente et bruyante parfois). Bref, une (re)présentation moderne et polymorphe, soutenue par des acteurs tout à fait à la hauteur de la gageure…

Le résultat?…eh bien un spectacle percutant, peu orthodoxe, parfois dérangeant, qui implique la mise en scène, les acteurs, les spectateurs, sans oublier les questions de société et l’actualité. Ici chacun en prend pour son grade à un moment ou à un autre: les patrons-voyous, les journalistes, les artistes et les intermittents du spectacle, les spectateurs, les bourgeois, les syndicalistes…et Liège!

Bien sûr , cela pose la question du rôle du théâtre. Peut-il, doit-il s’engager sur les problèmes de société? Ou doit-il rester une oeuvre de pur divertissement? Toutes les thématiques lui sont-elles ouvertes? A lui seul,   »L’Homme qui valait 35 milliards » ne solutionnera  pas l’interrogation. Mais il soulève le débat et il y répond à sa manière, c’est à dire sans négliger l’écriture et le jeu et sans oublier l’humour. Du coup, on se trouve face à une pièce  » engagée », qui peut faire réfléchir  mais n’est  jamais ennuyeuse ou moralisatrice, et qui reste donc un vrai spectacle…

en pratique:

 La VIRGULE   Centre Transfrontalier de Création Théâtrale   www.lavirgule.com

Le COLLECTIF MENSUEL de Liège   www.collectifmensuel.be

« L’Homme qui valait 35 milliards »  roman  de Nicolas ANCION  aux éditions Luc Pire-Le Grand Miroir

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