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Photo Time Out Paris

Indéniablement, Jean-Michel BASQUIAT occupe une place à part dans l’histoire contemporaine de l’art. Décédé d’over dose à 27 ans , ce jeune noir de Brooklyn ( né de père haïtien et de mère porto-ricaine ) n’a pu exercer son talent que durant une dizaine d’années ( avec quand même, à son actif, 800 tableaux et 1500 dessins!). Il est pourtant considéré comme un artiste majeur du XXème siècle, peintre d’avant-garde populaire et pionnier de la tendance underground. Déjà connu et apprécié pratiquement  dès ses débuts, il est aujourd’hui universellement reconnu. Sa cote atteint d’ailleurs des sommets ( en 2017, un « tableau sans titre » de Basquiat s’est vendu 110,5 millions de dollars ).

C’est à la fulgurance de ce talent que la Fondation VUITTON rend hommage cet automne, en exposant Jean-Michel BASQUIAT. L’exposition parcourt, de 1980 à 1988, l’ensemble de la carrière du peintre, en se concentrant sur 120 oeuvres décisives.  Pour la première fois  les célèbres « HEADS » sont réunies, ainsi que des collaborations WHAROL-BASQUIAT, des toiles « mythiques » et aussi d’autres rarement vues en Europe.

L’exposition montre à quel point BASQUIAT a renouvelé la pratique du dessin et la conception même de l’art. Avec la rue ( de New York) pour premier atelier, mais par ailleurs doté d’une vraie culture artistique , il s’appuie sur un regard incisif, impitoyable et engagé ( l’absence des artistes noirs lui apparait par exemple comme une douloureuse évidence ). Des tags et  graffs (signés « SAMO ») de ses débuts, aux peintures sur toiles, aux collages , à la collaboration parfois exaltante avec WARHOL, BASQUIAT a presque tout vécu et presque tout réussi. En accéléré…

La vie de BASQUIAT est à l’image de son oeuvre. Attachante, riche, tragique, tantôt bénie des dieux et de tous, tantôt douloureuse… Paradoxale. Quelque part, le destin-éclair du jeune homme ajoute à la légende de l’artiste qu’il a toujours été.

Pour mieux connaître BASQUIAT, 2 films passionnants ont été faits, éventuellement à revoir en streaming:  » Radiant Child » en 2010  réalisé par Tamra DAVIS  et  le documentaire d’Arte « Noire est la couleur » en 2016 par GOLDSTEIN et SOUTIF .

ENFIN, POUR  LE  PLAISIR , voici quelques citations de BASQUIAT lui-même:

« En fait, je n’ai jamais fait de tags, j’ai fait de la peinture depuis mes débuts »

« Notre mémoire culturelle nous suit partout, où que l’on se trouve »

« Je fuis la logique linéaire de l’adulte pour m’approcher de la logique immédiate de l’enfant… J’aime les dessins d’enfants »

Photo Vogue

basquiat-radiantchild-vogue_opt

Photo Le guide des festivals.

Sur les agendas de la rentrée, un créneau privilégié est à noter depuis plus de 30 ans:

LE  TOURCOING  JAZZ  FESTIVAL                                   

… un rendez vous à la fois attendu, mais sans routine . Et la 32ème édition promet d’être à la hauteur des précédentes, avec une programmation associant qualité et ouverture.

Entre le 13 et le 20 octobre on pourra donc  applaudir  des  « valeurs sûres »        ( d’ailleurs fidèles au Festival pour certaines) : Airelle BESSON, Vincent PEIRANI, Chucho VALDES, André MANOUKIAN ou encore Anouar BRAHEM… mais aussi partager des découvertes et peut-être des coups de coeur ( par exemple pour la chanteuse KIMBEROSE ?).

Du JAZZ avant tout bien sûr, mais « dans une ambiance colorée et métissée musicalement ». Ceci grâce à des artistes musiciens talentueux, et aussi à des VOIX ( Hugh COLTMAN et Fatoumata DIAWARA pour ne citer qu’eux). Attention, certains concerts sont d’ores et déjà complets! IL  EST  GRAND  TEMPS  DE  RESERVER!

Les principaux lieux du Festival sont connus des habitués: Théâtre de Tourcoing, Colisée de Roubaix, Maison Folie de l’Hospice d’Havré, et mythique Magic Mirrors… A noter cette année de nouveaux partenariats et actions . D’abord un  » pré festival » début octobre, qui tournera entre la Maison Cavrois à Croix ( complet), Neuville en Ferrain, Lesquin , Mouscron et Gruson ( avec la trompette d’Airelle BESSON et l’accordéon de Lionel SUAREZ). Ensuite un cycle JAZZ et LITTERATURE en partenariat avec les médiathèques, et au MUBA , des lectures du discours d’Albert CAMUS pour la remise du Nobel accompagnées par des musiciens du département jazz de Tourcoing.

Yann SUBTS, directeur du Festival, Patrick DREHAN, directeur artistique et toute l’équipe d’organisation sont dans les starting block … plus que 5 semaines à attendre!

tourcoing-jazz-festival.com pour programmation détaillée, informations et billetterie

 

Le site officiel du Festival de Fes s’ouvre sur une horloge qui décompte les jours, heures , minutes… et il n’en reste plus beaucoup puisque ce vendredi 22 Juin à 21 heures,  Bab Makina accueillera la soirée d’ouverture…

Neuf jours de concerts, de découvertes et de ( belles) rencontres humaines et musicales devraient s’ensuivre… La météo est annoncée favorable… Il ne restera plus aux habitués qu’à profiter de cet « esprit de Fes » qu’ils apprécient et aux organisateurs à croiser les doigts pour que tout se passe bien, sans orage intempestif ni anicroche!

Rendez vous le 1er juillet pour un bilan de l’événement!

Programme complet sur le site www.fesfestival.com

Photo barnebys.fr

 

L’artiste mexicaine Frida KAHLO ( 1907-1954) est décidément partout en ce printemps/été 2018 : 

A Londres d’abord, où le Victoria and Albert Museum lui consacre une grande exposition ( du 16 juin au 4 Novembre), avec plus de 200 vêtements et objets personnels qui n’avaient encore jamais quitté le Mexique

A Milan, où le Mudec vient de proposer 70 toiles, 150 photos et objets et 50 dessins

Sur GOOGLE  ART et CULTURE, pour une étonnante exposition didactique en ligne

…mais aussi sur la pochette du dernier album du duo Brigitte (« Nues »), dans les magazines de mode , puisque le monosourcil serait tendance (?)..., au sein des collections spéciales de Monoprix et Stradivarius ( T shirt à 15,99 euros), sur les plateaux et mugs de Bensimon, en effigie sur un rideau de bambou du Petit-souk… et ce ne sont que quelques exemples!

L’iconique peintre mexicaine n’a donc pas fini de nous interpeller!   Mais à vrai dire, si presque tout le monde la connait , on la méconnaît trop souvent aussi, ne serait-ce qu’en la réduisant à son rôle de féministe emblématique , voire à son « look » reconnaissable entre tous.

Les adjectifs à même de qualifier Frida KAHLO sont innombrables et contradictoires : passionnée, engagée, indépendante, déterminée, autonome, révolutionnaire ( Trotsky fut un de ses amis/amants) , libre et libérée ( y compris sexuellement), talentueuse bien sûr … mais aussi ambigüe, vulnérable, déconcertante …

Ce qui est certain, c’est qu’il est impossible de comprendre l’oeuvre de Frida KAHLO sans la mettre en rapport intime avec sa propre vie  et les drames qui l’ont jalonnée. Ses tableaux sont un  miroir de ses souffrances, chacun ou presque constitue un écho (parfois sublimé, caricaturé, ou onirique ) d’un épisode douloureux. Et ceux-ci n’ont pas manqué, au point qu’on parle de Frida KAHLO comme de la représentante absolue du corps brisé.

Frida a six ans à peine lorsqu’une atteinte de polyomyélite lui laisse le surnom de « Frida la Boiteuse » ( peut-être souffrait-elle aussi de spina bifida)… Très bonne élève, elle souhaite devenir médecin quand un épouvantable accident de bus la mutile gravement, la cloue longuement au lit et l’entraîne dans une spirale d’opérations et de douleur dont elle ne sortira jamais. C’est suite à cet accident qu’elle se met à peindre, grâce à un miroir au-dessus de son lit ( d’où ses 55 autoportraits sur 143 tableaux?!) et, dès cette époque, les thèmes récurrents de ses oeuvres apparaissent.

En 1929, Frida épouse Diego RIVERA, peintre très célèbre , de 20 ans son aîné. C’est le début d’une passion totale, volcanique et troublée mais intense et partagée ( Frida et l’infidèle Diégo se séparèrent, se remarièrent, ne se quittèrent jamais vraiment et se stimulèrent artistiquement et dans l’engagement politique).

A plusieurs reprises, Frida eut à subir des fausses couches ( suite aux séquelles de son accident ), qu’elle représenta dans des tableaux criants de douleur. Sa santé ne lui laissa guère de répit, bien qu’elle se montrât toujours active et volontaire . Attachée à la vie malgré tout, en dépit de périodes pessimistes et lourdes, elle livra une oeuvre très particulière, mélange de couleurs et de ténèbres, de naïveté et d’onirisme ( bien qu’elle ait par ailleurs toujours refusé le qualificatif de peintre surréaliste).

C’est en 1954 que meurt Frida KAHLO, vaincue par la souffrance et la maladie, après une énième hospitalisation et une amputation. Un doute a plané sur le fait qu’elle se soit suicidée, mais ses derniers mots écrits ont été « VIVA  LA  VIDA »...

Elle laisse à la postérité l’image d’une femme talentueuse et engagée, à la sincérité absolue et cruelle, et surtout celle d’une artiste d’avant-garde, totalement personnelle et hors cadre.

Pour mieux connaître Frida KAHLO, les biographies ne manquent pas. Par ailleurs le film « FRIDA », sorti en 2002 ( et visible sur Netflix ) est assez fidèle quoique romancé. Salma HAYEK y incarne une Frida KAHLO belle et attachante.

 

 

 

Au commencement était une famille « normale » … Il y avait le père, qui menait une bonne petite carrière à la SNCF, le fils interne en médecine et son frère futur normalien, la fille de 17 ans qui voulait aller danser, un beau-frère bistrotier gaulliste et un autre beau-frère prêtre-ouvrier. Il y avait surtout la mère, certes un peu cantonnée à la cuisine (mais néanmoins « libérée par Moulinex « et « sublimée par Dim » !!) qui se supposait donc comblée-ou-presque.

Mais voilà, on était en Mai 68, et l’actualité devenait  tornade, même et surtout pour les familles normales… Les personnalités se révèlent, les conflits surgissent, bref, tout vole en éclat. L’intimité familiale épouse et répercute le contexte explosif. Possible et impossible se confondent…

Hervé HAMON en avait fait le thème d’un roman ( » Le Roman-feuilleton de Mai 68″) , Christophe MOYER ( Cie SENS ASCENSIONNELS à Lille ) en tire une pièce à la fois commémorative (50 ans, ça se marque!) et actuelle.

Le cocktail est très réussi: un brin de nostalgie ( qui rappelle comme le temps passe vite!) , pas mal d’humour, un peu-de-décalé-mais-pas-trop, de l’ironie, de la tendresse et du recul, un zeste de dérision…bref une sympathique plongée entre quotidien familial et contexte social.

La mise en scène est enlevée, vivante ( petite surprise au sein des spectateurs) et le thème intelligemment mené. A noter que, pour une fois, l’utilisation de la vidéo est un vrai « plus » et pas seulement une concession à la mode!

La pièce termine une tournée régionale ( La Virgule a fait le bon choix en la programmant dans sa saison entre Tourcoing et Mouscron en Belgique). L’accueil du public pourrait bien lui donner d’autres opportunités. A voir donc dès que possible … pourquoi pas au  Festival « off » d’Avignon en juillet prochain?

Demandons-l-impoible

Photo Le Figaro ( Remise de la médaille Nationale des Humanités en 2010)

 

2O18 est décidément un mauvais cru pour les écrivains de tous styles ! après Philip KERR, Peter MAYLE, Tom WOLFE, Stephen HAWKING, Françoise XENAKIS etc…, c’est au tour de Philip ROTH de quitter ce monde.

Celui qui vient de décéder à Manhattan à l’âge de 85 ans était considéré comme un auteur de tout  premier plan, et même selon de nombreux critiques, comme « THE » écrivain contemporain majeur. Il n’est qu’à relire les articles consacrés au  » scandale » du Prix Nobel de Littérature, jamais attribué à un Philip ROTH pourtant plusieurs fois pré-annoncé comme lauréat ( au passage, idem pour Milan KUNDERA!)… une aberration pour  beaucoup, même si Philip ROTH a reçu de nombreux prix et distinctions, en passant par le PULLITZER et la Légion d’Honneur et s’il était le seul écrivain vivant à être édité par la LIBRARY of AMERICA ( et  figurant à présent également parmi les auteurs de La Pléiade).

Issu de la classe moyenne juive ( qui sera d’ailleurs un des thèmes favoris de son oeuvre), ROTH démarre sa carrière d’écrivain en 1959 avec un recueil de nouvelles (  » Good Bye Colombus ») qui ne passe pas inaperçu et déjà suscite une certaine polémique. Mais il devient vraiment célèbre dix ans  plus tard, en publiant  » PORTNOY et son complexe », qui soulève la controverse mais est un best seller aux USA et bien au-delà. 

A partir de là, l’oeuvre de Philip ROTH sera particulièrement prolifique et diverse   D’abord influencé par les auteurs réalistes du 19ème ( dont Gustave FLAUBERT), les romanciers juifs américains et même les humoristes, il se tourne rapidement vers la satire politique, la parodie kafkaïenne et ce qu’on a appelé la  » fable post-moderniste », avec un alliage parfois ambigu entre la biographie et la fiction. De ce fait, Philip ROTH est considéré comme le maître de l’autofiction contemporaine  ( » Complot contre l’Amérique » en 2004)

De très nombreux succès de librairie jalonnent son parcours, particulièrement les cycles autour de personnages marquants ( David KEPESH, Nathan ZUCKERMAN sont  ainsi devenus mythiques). Dans l’oeuvre de ROTH, on retrouve régulièrement le fantasme des américains pour leur pays, les engagements en politique, la vie dans les familles juives, mais aussi la luxure ou  les excès des corps, le tout sans s’éloigner d’un humour assez sombre…

Quels romans retenir particulièrement dans l’oeuvre de Philip ROTH ? France Culture distingue 3 oeuvres incontournables : « Portnoy et son complexe » (satire de l’éducation juive) , « La Pastorale Américaine » ( 1997, roman qui lui fait quitter l’auto fiction et lui valut le Pullitzer) et « La tâche », « subtil et brutal »,  ( en 2000, roman sur l’Affaire Lewinski et  » révélateur de l’état de la nation américaine « .

Enfin, sur internet, les articles commentant la vie et l’oeuvre de Philip ROTH sont nombreux et souvent très documentés… de quoi gagner l’envie de retrouver ou d’aborder un auteur particulièrement significatif de son époque,  et se donner quelques clés pour mieux le cerner….

Photo Slate

Ils sont moqués dans les cours d’école, victimes d’on-dits, de rumeurs et de préjugés, ils ne passent pas inaperçus… et  bien souvent ils sont magnifiques… En tout cas, les roux et les rousses peuvent désormais se rencontrer, se retrouver, partager leur ressenti… bref, participer au FESTIVAL ( Baptisé « Red Love ») qui se tiendra le 25 Août 2018 à Chateaugiron près de Rennes, pour la première fois en France ( le Red Love Festival existait déjà dans de nombreux pays européens).

Après une Expo Photos qui leur était consacrée ( Pascal SACIEUX a photographié 726 habitants roux de 2 mois à 84 ans), cette date célébrera « la roussitude » le temps d’une journée ( mais la manifestation est bien sûr ouverte aussi aux blonds, bruns et autres!).  Au programme, « joie, bonne bouffe, artisanat et concerts »… les organisateurs espèrent 3000 visiteurs.

Par ailleurs, un livre ,  » Ornements de Rousseur », paraîtra en juin aux Editions GOATER, qui compilera photos et témoignages de roux et de rousses.

Photo American Airlines Arena

Après les Etats-Unis et l’Australie, Roger WATERS, le génie créatif de PINK FLOYD, a démarré une tournée européenne. Avec cette tournée (« US + THEM »), il passera par la France, à Lyon ( Halle GARNIER le 9 mai), à Nanterre ( U Arena les 8 et 9 juin) et à Lille ( Stade Pierre-Mauroy le 16 juin)…

Il y interprète des classiques de PINK FLOYD ( Wish you were there, The Wall, Animals, Dark sie of the moon…) ainsi que des chansons récentes de sa carrière solo. Quand on sait que les prestations de Roger WATERS en concert sont légendaires et sont des expériences sensorielles incroyables, on s’attend au meilleur ( ce qu’ont d’ailleurs prouvé les dates américaines et australiennes de la tournée).

Les fans connaissent le niveau d’exigence et de préparation de Roger WATERS, que ce soit pour la production visuelle ( de pointe) ou pour le système audio, toujours à couper le souffle!

Les billets se vendent vite… mais vu la dimension des lieux choisis pour ces concerts, des places peuvent encore être disponibles   ( vente en ligne).

On peut écouter sur YOUTUBE une intégrale du ( très engagé et très brillant ) live US+THEM aux USA ( durée 2h environ)

Jacques HIGELIN  s’est éteint le 6 Avril à l’âge de 77 ans… assez peu médiatique, mais connu de tous, il a reçu un hommage unanime, respectueux, et néanmoins discret.

Le journal Le Monde a pour sa part, choisi de retenir 5 chansons essentielles du  parcours de l’artiste:

      »Tombé du Ciel » (1988)

      »Je suis amoureux d’une Cigarette » (1974)

      « Paris-New York-Paris » (1974)

      « Pars » (1978)

      « Champagne » (1979)

Jacques HIGELIN, qui avait sorti une vingtaine d’albums ( le dernier, « HIGELIN 75″ en 2016) était une véritable « bête de scène » ( ses concerts pouvaient durer jusqu’à 4 heures lorsque l’ambiance y était!)

Son nom continuera d’être prononcé, pour l’évoquer bien sûr… et aussi parce que ses 3 enfants ( Izia, Arthur H. et le réalisateur Ken) sont eux aussi des artistes reconnus.

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