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Par Pascale Guislain  et  Françoise Vernay                           Photo Fesfestival 2018

Le site officiel ( fesfestival.com ) annonce le décompte à la seconde près : vendredi 14 juin à 21 heures, le FESTIVAL des MUSIQUES SACREES du MONDE  ouvrira sa 25ème édition,  » à la confluence des cultures »… Tout un programme en 3 mots qui résument l’état d’esprit et la raison d’être de ce Festival. … et dont la première surprise sera, comme chaque année, la création proposée par Alain WEBER en ouverture des festivités.

Dès le lendemain, artistes « valeurs sûres » et  artistes   » à découvrir » se côtoieront et se relaieront, dans les jardins l’après midi ( et la météo s’annonce chaude!), à BAB MAKINA ou dans des Ryads en médina le soir venu… le tout durant 9 jours, avec pour cadre la fascinante cité fassie.

Les commentaires iront bon train dans les files d’attente et aux terrasses des petits restos:   » Plus de monde?.. Moins de monde?… Mieux organisé ?… Moins bien organisé?… Une programmation plus attrayante?… Ou moins intéressante? Une ambiance vraiment unique?… ou qui n’est plus celle d’il y a quelques années »?…

Et puis au final, la plupart des festivaliers auront envie de revenir en 2020!

Alors, BON FESTIVAL  A  TOUS  CEUX QUI  AURONT  LA  CHANCE DE FAIRE  LE  DEPLACEMENT !

Par  Pascale Guislain                                                                                                         Photo  Télérama

 

Tout le monde connaît le HIP-HOP … mais son cousin (plus ou moins éloigné et dissident)  le KRUMP ? Pas sûr!  Et pourtant, l’histoire de cette « street dance » est particulière, et doit interpeller au-delà des apparences, car le look agressif du KRUMP est fait… pour apaiser les tensions sociales et célébrer la vie!

Au commencement, en 1992, il y a LOS  ANGELES , ravagée par les émeutes raciales, sur fond de trafic de drogue, de guerres des gangs et de violences policières. Dans l’un des ghettos les plus « durs » de la ville, South Central, Thomas JOHNSON veut changer la donne, et ouvrir un avenir aux gamins du quartier. Il crée donc le personnage de TOMMY le CLOWN, pour animer les goûters d’anniversaire en se basant sur des valeurs plus positives que l’environnement quotidien , et il fait des émules.

C’est la naissance du clowning, puis, dans la foulée,  du clown-dancing ( les danseurs se maquillant pour danser). Car très vite, les enfants les imitent,  reproduisent leur danse ( dérivée du Hip Hop) et la font peu à peu évoluer … jusqu’à ce que TIGHT EYEZ  et  BIG  MIJO aillent plus loin encore, décidés à faire de la danse un vrai moyen de canaliser la colère, l’agressivité et même la haine et la rage des jeunes. Ils sont les 2 créateurs de ce qui sera appelé « KRUMP » ( le nom est l’ acronyme d’une expression signifiant à peu près  » élévation du royaume par le puissant éloge ».  Il faut dire que les 2 créateurs du Krump voient dans la danse un don de Dieu, et dans le fait de danser un hommage à la vie, un éloge).

La pratique du KRUMP se répand très vite, popularisée par les « BATTLES » organisées comme des joutes de danse, chaque Krumper ayant son style et sa chorégraphie, même s’il existe des mouvements de base ( le stomp par exemple, qui correspond aux pieds frappant fortement le sol, le chest-pop, qui ressemble à une convulsion de la poitrine vers le haut, l’arm-swing qui simule l’envoi d’un projectile, mais les mains ouvertes…. et aussi les gimmicks, grimaces et expressions…). Le KRUMP est en fait une danse libre et brute, mais néanmoins structurée.

La façon de danser est extrêmement rapide, saccadée, hyper expressive, apparemment agressive et ponctuée par les  cris des spectateurs, pourtant il n’y a aucun conflit physique entre les danseurs, et il s’agit depuis le départ de  » respecter l’autre et de se dépasser ». On a parlé à propos du KRUMP d’un  » concentré de puissance et d’émotion bruts », d’une « danse exutoire et libératrice » . On est effectivement loin des codes  » peace, unity, love and having fun » du HIP HOP , ce qui explique sans doute les rapports mitigés entre pratiquants de l’un et de l’autre , même si ici et là des rapprochements se dessinent.

Cinéma et réseaux sociaux ont donné un « coup de pouce » à la notoriété du KRUMP au-delà de ses racines.

D’abord , il a été mis en scène dans plusieurs clips. Ensuite et surtout, en 2005, le film documentaire RIZE de David LaChapelle   ( récemment re programmé par ARTE   et présent sur des plate-formes de streaming) a retracé son histoire en le présentant avec beaucoup de bienveillance, la série COMUNITY (S1 E3) a fait place au krump, ainsi que STROMAE, dans le clip de Papaoutai en 2013 , et qu’un très court-métrage de Ch Cogitore ( Indes Galantes) en 2018

YOUTUBE propose des vidéos de battles de KRUMP et plusieurs journaux et magazines ont évoqué cette  street music, qui continue d’évoluer avec de nouveaux talents et qui connait  à présent un certain succès lors des battles organisées en France  (à La Défense, au Chatelet ou encore à Montfermeil… ) se faisant donc peu à peu une place …

Bien sûr, son devenir est en question: récupération?  évolution? vraie tendance à long terme?…. En tout cas, musicalement, sociologiquement et humainement, le film RIZE reste un précieux documentaire , et vaut la peine d’être regardé!

 

 

 

 

 

 

Par Pascale GUISLAIN                                     Photo Tourcoing Jazz Festival (visuel Axel Pérignon)

TRENTE TROISIEME EDITION DU TOURCOING JAZZ FESTIVAL !!         

On en connaissait les dates, voici aujourd’hui  l’affiche , et quelques noms d’artistes programmés… une étape importante, qui laisse augurer que le public sera bien au rendez-vous, comme les années précédentes … et  même de plus en plus nombreux, et venu de plus en plus loin. Car au fil des années, Tourcoing a gagné sa place de « CAPITALE DU JAZZ AU NORD DE PARIS » , auprès des amateurs de jazz comme chez les artistes, qui apprécient manifestement l’accueil qui leur est fait ! Aujourd’hui, de grands noms du Jazz n’hésitent pas à venir en concert à Tourcoing, et se disent heureux d’y revenir ( merci à Yann SUBTS et à Patrick DREHAN , ils ont fait un formidable travail pour cela, pour le Festival comme pour le JAZZ CLUB!).

Cette 33ème édition garde encore quelques secrets et surprises, mais la programmation complète sera bientôt publiée, qui sera probablement et comme toujours,  foisonnante et éclectique.  On sait déjà que Rhoda SCOTT, Diane REEVES,  Manu DIBANGO, KOKOROKO ou encore  YOUN SUN NAH ( une habituée!) seront parmi les artistes présents … 

PROGRAMMATION et OUVERTURE DE LA BILLETERIE à surveiller dans les jours à venir, dans la presse, et sur le site    www.tourcoing-jazz-festival.com

 

Par Françoise VERNAY                                                                     Photo de la parade ELDORADO (VOIX du NORD)

Déjà reportée une première fois pour cause de « grand vent annoncé », la  Parade inaugurale  » ELDORADO » de Lille 3000 a suscité de fortes inquiétudes météorologiques ce samedi 4 mai. On craignait que la Fête ne soit gâchée par la pluie et que la température très très fraîche ( 11°!) ne décourage le public. Mais finalement il n’est tombé que quelques gouttes vers 20h, et les rues étaient noires de monde. Bref, à défaut de son soleil, c’est l’ambiance joyeuse, colorée et excentrique du Mexique qu’a adoptée Lille le temps d’une soirée « détonante ». Des oiseaux multicolores, des animaux fantastiques, des mariachis, des squelettes riant aux éclats, des fanfares ( une 12aine d’harmonies participaient au défilé)… et Frida KAHLO… les CHTIS étaient bien en Amérique Latine!

Au milieu des musiques, des danses, des chars et des lumières, on reconnaissait des dizaines de Frida KAHLO, coiffées et habillées de fleurs, et arborant fièrement le fameux monosourcil de la célèbre peintre mexicaine pour lui rendre hommage.

Car, star de cette parade, l’icône mexicaine est l’une des vedettes de Lille 3000. Un de ses tableaux (  » Les COCOS » ) est exposé jusqu’au 30 août à L’Hospice Comtesse de Lille, auprès d’ oeuvres du muraliste Diego RIVERA ( qui a partagé la vie de Frida KAHLO) ou encore de Jose Clemente OROZCO ( une 50aine d’oeuvres au total , issues du Musée d’Art Moderne de Mexico et qui sortent rarement du Mexique). C’est un petit format, mais assez emblématique de la vie douloureuse et de l’expression artistique de Frida KAHLO, et il fascine les visiteurs de l’exposition.

Pour ceux qui verront « Les cocos » et pour les autres , curieux de mieux connaître Frida KAHLO, le film  « FRIDA » proposé par Netflix et interprété par Salma HAYEK  donne un portrait attachant de l’artiste, plusieurs biographies ont été écrites…. et même un article  sur culture-et-plus ( en 2018), toujours consultable en ligne ( catégorie  » arts graphiques/peinture » ou « coups de coeur »)

Exposition à l’Hospice Comtesse  Rue de la Monnaie à Lille jusqu’au 30 Août ( fermé le lundi matin et le mardi)

 

Par   Françoise VERNAY                                                    (Photo Performing Arts)

Après toute une série de dates en 2018 /début 2019 ( d’ Aix en Provence à Roubaix en passant par Nantes et Montpellier) c’est en Mai que le spectacle SHEN YUN (« la Renaissance de 5000 ans de civilisation » ) revient à Paris , au Palais des Congrès, soutenu par sa réputation et par une campagne d’affichage plutôt large et séduisante!

A l’origine du projet SHEN YUN, et depuis 2006, on trouve la Compagnie PERFORMING ARTS, installée à New York et fondée par des pratiquants du FALUN DAFA  (parfois appelé FALUN DONG), qui est une discipline de méditation  » basée sur des principes d’authenticité, de bienveillance et de tolérance ». Loin d’être neutre, cette dimension spirituelle est importante et perceptible dans la présentation du spectacle.

Ce n’est évidemment pas un hasard si SHEN YUN, qui a pour ambition de renouer avec les arts et les  traditions culturelles de la Chine millénaire n’est ni né ( ni même toléré) en Chine. On sait que la Révolution Culturelle de MAO avait dès la fin des années 60 délibérément rompu avec ces pratiques et ces enseignements ( y compris la danse classique chinoise)… de ce fait menacés de tomber dans l’oubli . D’autre part, le FALUN DAFA est réprouvé au point d’être officiellement interdit depuis 1999 ( car jugé contraire et nuisible à l’image que les pouvoirs politiques souhaitent donner de la Chine). Les fondateurs et les artistes de SHEN YUN sont donc considérés comme des dissidents, et se disent d’ailleurs victimes de pressions et de harcèlement , y compris lors de leurs tournées dans les pays occidentaux.

Mais QUID du spectacle lui-même?  SHEN YUN  est construit comme une suite de scènes ( expliquées dans la langue du pays où il se produit) , d’une durée moyenne de 7 mn ).  Les thèmes abordés sont divers: légendes, mythes historiques, évocations plus sociales ou politiques etc…

Le support en est bien sûr d’abord la danse classique chinoise, très élaborée et codifiée        ( le moindre  geste est travaillé, chaque mimique est évocatrice des sentiments et de l’histoire contée )

La musique est également essentielle au spectacle , avec un orchestre symphonique composé d’instruments occidentaux auxquels s’ajoutent plusieurs instruments traditionnels chinois (pipa, erhu dizi etc…) et des chanteurs ( certains étant très renommés).

Le décor ( plaines mongoles, cour impériale…) compose avec la technique et la modernité, via un écran digital. Les costumes sont particulièrement soignés et travaillés, avec une quantité d’accessoires minutieusement choisis.

Critiques et spectateurs saluent unanimement le travail impeccable et la précision des artistes, ainsi que la beauté et l’harmonie de la mise en scène.  Beaucoup soulignent leur propre émotion et leur fascination , la plupart appréciant l’ occasion de voir un type de spectacle traditionnel jamais ou rarement proposé. Quelques critiques sont émises sur une certaine « répétitivité  » des chorégraphies et sur un côté un peu « vieillot » des présentations… et par ailleurs, quoiqu’ apparemment minoritaires, certains spectateurs sont un peu gênés par la dimension  » méditation » , trop sectaire à leur goût, de la prestation….

EN  PRATIQUE:  Le projet SHEN YUN est expliqué et détaillé sur internet ( site officiel de SHEN YUN et sites de Performing Arts)

On peut également y trouver les dates de représentation ( Palais des Congrès) ainsi que le prix des places ( assez élevé) et la réservation.

 

 

 

 

 

 

Par  Pascale GUISLAIN                                                                                                                                   Photo ImageRépublic

 

Il était une fois deux jeunes copains, un scénariste de génie ( il le prouvera très vite!) nommé GOSCINNY , et un dessinateur sensible et doué et incisif, SEMPE . Tous deux partagent le sens de l’humour et une grande tendresse pour le temps de l’enfance, alors…. il n’en fallut pas plus à leur complicité pour donner naissance à une « oeuvre de la littérature de jeunesse », mais surtout à un personnage mythique, qui a traversé les frontières et les générations depuis… 60 ans ! Et selon l’expression consacrée, le Petit Nicolas ( c’est bien son nom) ne « fait pas son âge » !

LE  PETIT  NICOLAS, ce sont de courts récits de la vie , racontée par lui-même, d’un petit garçon ( de 8 ans environ) dans un environnement urbain des années 60. Ils paraissent dès 1956 dans SUD OUEST DIMANCHE, puis rejoignent le magazine PILOTE et sont édités et ré édités en albums.

Au total, cela donne plus de 15 millions d’albums vendus, et pas moins de 45 traductions ( dont plusieurs en langues régionales).

On connait tous le monde du PETIT NICOLAS. Au centre sont les copains ( Le gros Alceste-qui-mange-tout-le-temps, Agnan-un-peu-fayot, Rufus-le-fils-de-policier, Clotaire-le-cancre-maladroit-et-attachant, Geoffroy-dont-le-père-est-riche, Louisette et Marie-Edwige ( de laquelle Nicolas est-il amoureux?) , etc… Pas bien loin, règne la Maitresse ( et hélas sa remplaçante-pas-sympathique ), le Directeur d’école et bien sûr le fameux surveillant Le Bouillon.  Les familles ne sont pas oubliées: Le Père et la Mère du petit Nicolas sont bel et bien des acteurs incontournables de ses (més)aventures, ainsi que la grand-mère (généreuse), le voisin, les oncles, tantes, cousins et cousines et même… le Patron du père de Nicolas !!!! On y rencontre donc les petits soucis des écoliers et les problèmes des adultes (revus selon le regard des enfants!)

Tout cela, une sorte de monde de l’enfance animé mais assez idéal, est évoqué dans un « langage de gosse » ( sans vulgarité ni grossièreté!…. et du coup, Le Petit Nicolas est « prescrit par l’Education Nationale » , comme incitateur à la lecture!).

Au-delà des 15 albums ( y compris une publication postérieure à la mort de Goscinny avec les « histoires inédites « du Petit Nicolas), le jeune héros et son entourage ont fait l’objet de dessins animés, de 2 films à grand succès ( films de Laurent TIRARD avec Kad Mérad, Valérie Lemercier et Sandrine Kiberlain), sans parler des innombrables produits dérivés, des pastiches et satires … 

Indémodable finalement, quoique bien ancré dans les années 60 !!

 

Photo Editions Fleurus

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 Par   Pascale  GUISLAIN                                                                         (Photo  Office du Tourisme de Roubaix)

 

Le Musée  LA PISCINE à ROUBAIX s’est associé aux Musées de La Rochelle et de Limoges pour rendre hommage à Gustave GUILLAUMET ( du 9 mars au 2 juin 2019) … Une  rétrospective inédite et particulièrement riche, qui propose un nouveau regard sur ce peintre  naturaliste et orientaliste du XIXème siècle, épris des grands espaces et des habitants de l’Algérie ( on est alors aux premiers temps de l’époque coloniale ).

Loin des clichés habituels, l’orientalisme de GUILLAUMET ne visite ni les palais ni les harems ou les hammams, l’artiste peint les habitants au quotidien, au travail ou dans la rue, sans éluder la pauvreté ou la misère ( ce qui lui valut d’ailleurs un accueil mitigé lors d’expositions). Eperdument épris des grands espaces, il est tout autant fasciné par le désert, dont il peinera ( avant d’exceller) à capter la lumière .

Les 130 oeuvres exposées permettent de suivre l’itinéraire et la passion de Guillaumet, avec d’autant plus d’intérêt qu’on les regarde aujourd’hui avec le recul de l’histoire.  C’est une exposition sensible, ouverte et intelligente que propose La Piscine. A noter que la rétrospective Guillaumet est associée à un hommage à Claude VICENTE ( directeur des beaux-arts à Oran puis dans les Hauts-de-France, et premier soutien de Mahjoub BEN BELLA , dont quelques oeuvres sont également montrées), à une exposition du travail de la photographe Naime MERABET (« Fenêtre sur l’Algérie ») ainsi qu’à une exposition-dossier  organisée à partir de portraits de l’émir ABD EL KADER (« L’émir de la résistance ») et à un accrochage de gravures orientalistes (  » Belles feuilles et petits papiers ») d’Aurore JANNON.

Pour ce PRINTEMPS ALGERIEN, LA PISCINE s’est  associée à  L’ IMA de Tourcoing ( exposition « Photographier l’Algérie »), ainsi qu’à la Médiathèque et au Conservatoire de Roubaix. Par ailleurs, la Ville de Roubaix dédiera sa Fête de l’Amitié des 29 et 30 Juin prochains à l’Algérie….

…Une exposition à voir absolument ( prévoir un temps suffisamment long, il y a beaucoup à découvrir !), surtout à un moment où l’actualité est particulièrement tournée vers les événements en Algérie. Et bien sûr, La Piscine de Roubaix reste un lieu magique, dont on ne se lasse pas!

 

EN  PRATIQUE: pour tous les renseignements pratiques (horaires, tarifs, événements associés etc…) voir les sites 

roubaix-lapiscine.com   et   ima-tourcoing.fr

 

Portrait de Guillaumet par Nadar ( Photo Ministère de la Culture)

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 Par Pascale GUISLAIN                                                                                                                                                   Photo LAM

 

Dites « GIACOMETTI » et presque invariablement, on vous répondra « L’Homme qui marche »… réponse exacte, mais réductrice, voire caricaturale par rapport à l’oeuvre du sculpteur et peintre suisse.

 Pour découvrir et mieux connaître Alberto GIACOMETTI ( 1901-1966), le LAM de Villeneuve d’Ascq ( HAUTS de FRANCE) consacre une grande rétrospective à un artiste déjà mythique de son vivant ( GIACOMETTI a reçu de nombreux prix et distinctions … et son portrait figure même sur un billet de 100 francs suisses)

Avec  » Alberto GIACOMETTI, Une Aventure Moderne » ( 13 Mars – 11 Juin 2019), le LAM, qui s’adresse aussi aux visiteurs belges et néerlandais, propose une exposition à la fois ambitieuse ( 150 pièces présentées, dont des chefs d’oeuvre rarement montrés) et originale, car c’est tout le Musée qui se met au diapason de GIACOMETTI.

Ainsi, dans le prolongement des oeuvres de Giacometti, le visiteur sera convié à jeter un autre regard sur des oeuvres des collections permanentes, signées de compagnons de route de l’artiste ( PICASSO, Henri LAURENS…)

Au sein de tous les espaces du musée sont également proposés des « CONTREPOINTS » qui dévoilent différentes facettes de Giacometti et mettent en évidence son influence sur d’autres artistes et sur l’art brut.

Les sculptures longilignes et fragiles ( réalisées à partir de 1946-47) sont bien sûr exposées, mais aussi d’autres familles de sculptures et compositions, des peintures, gravures etc…

En fait, c’est vraiment tout le parcours d’Alberto GIACOMETTI qui est retracé, d’abord ses débuts en Suisse marqués par l’influence cubiste, puis sa découverte de l’art égyptien ( vers 1920), qui marquera toute sa création, son arrivée à Paris en 1922, sa découverte de l’art africain et océanien ( essentielle dans sa quête de la simplification), l’ installation dans la célèbre « caverne-atelier » rue Hippolyte Maindron qu’il ne délaissera jamais, en passant par la période surréaliste de l’artiste (1929-35)… Des oeuvres majeures illustrent et jalonnent ce parcours : de magnifiques « têtes plates », « la Femme Egorgée » etc… On comprend et situe mieux l’obsession de la ressemblance dans les Portraits réalisés par Giacometti, ou encore ses interrogations sur la dimension et la perception de la distance ( les « minuscules ») . 

En marge des oeuvres de GIACOMETTI, une réalisation d’Annette MESSAGER est présentée, assemblage hétéroclite de faux Giacometti de sa composition (« SANS  LEGENDE » 2011-2012).

 INFORMATIONS  PRATIQUES sur le site du LAM www.musee-lam.fr

( D’autre part, de nombreux articles , facilement accessibles sur internet retracent la vie et l’oeuvre de GIACOMETTI, avec de multiples photos de l’artiste et de ses créations)

 

 

 

Par Françoise VERNAY

 

L’artiste plasticien Victor VASARELY ( 1906-1997 ),  hongrois naturalisé français, était partout dans les années 60-80 : façade RTL, logo RENAULT, pochette de disque de David BOWIE, mobilier urbain, posters de chambres d’étudiants… Il inspirait les papiers peints et un mobilier aujourd’hui vintage, tout comme les décors d’émissions télé. Il était à lui seul représentatif de cette époque rythmée et colorée . Puis il y  eut une sorte d’indigestion et ses illusions d’optique et ses créations géométriques  devinrent insensiblement moins tendance, puis très « datées », puis presque ringardes … Même la FONDATION  VASARELY d’Aix en Provence, ouverte en 1973, prenait ( littéralement )l’eau!….

Et voici qu’on  re découvre VASARELY et qu’on porte un regard renouvelé sur ses réalisations. 

La FONDATION d’Aix-en-Provence a ainsi retrouvé beauté et grandeur grâce à une rénovation radicale. Hebdomadaires et chaines de télévision consacrent ces temps-ci de nombreux articles et sujets au père fondateur du POP  ART  ( Art Optique). 

Surtout, le CENTRE  POMPIDOU  propose ( 6 fév – 6 mai 2019)  « LE  PARTAGE  des  FORMES », première grande exposition rétrospective des oeuvres de VASARELY depuis 1963. Les visiteurs peuvent y découvrir ou y retrouver environ 300 oeuvres emblématiques d’un artiste prolifique et éclectique. L’exposition dévoile les grandes étapes de la vie de Vasarely, depuis sa formation dans les traces du BAUHAUS  jusqu’à ses dernières innovations autour de la 4ème dimension ,en passant  par les années 30 où Victor VASARELY travaillait à Paris comme graphiste dans la publicité.

Bien sûr,  on peut voir des oeuvres de VASARELY ailleurs qu’à Paris ou Aix-en-Provence… Il est ainsi exposé en particulier à BUDAPEST ou  à GORDES….

 

 

 

   Par Pascale GUISLAIN                                                                                                                          Photo L’Express

 

C’est sans aucun doute la poupée la plus connue au monde, la plus vendue aussi, et sa longévité est purement ahurissante quand     on sait qu’en moyenne un jouet « tient » de 3 à 5 ans. Car BARBIE, elle, côtoie les petites filles ( et pas que!) depuis bientôt 3 générations, 60 ans exactement!… 60 ans et pas une ride, mais quand même énormément de transformations et d’évolutions! Très vite cataloguée stéréotype d’une fille superficielle, voilà que BARBIE serait en passe de devenir  le symbole d’une société en pleine mutation, multiculturelle et fière de ses différences!

BARBIE est née à New-York le 9 mars 1959. Elle a pour parents Elliot et Ruth HANDLER, qui l’ont ainsi baptisée en référence à leur fille Barbara. C’est alors une petite révolution dans le monde du jouet: avec Barbie, les petites filles passent du poupon ou de la poupée classique à la « poupée mannequin ». Du coup, elles peuvent se projeter elles-mêmes dans leurs jeux, et plus seulement en « jouant à la petite maman ». Succès immédiat! La première Barbie est brune, elle ne sourit pas ( il faudra attendre 1971 pour ça!) et regarde un peu en coin. Elle est vendue en maillot de bain, mais on peut/doit acheter habits et accessoires ( chers!) à part.

Quant à ses mensurations, on connaît la polémique: elles sont absolument irréalistes et une femme qui serait ainsi faite serait en état de mort imminente! Il n’empêche, Barbie part à la conquête du monde, commercialisée par MATTEL. Et très vite en fait, BARBIE évolue ou en tout cas, se diversifie. Classiquement, elle devient blonde, coquette ( au moins  70 grands noms de la mode participeront à une garde-robe exceptionnelle!), de plus en plus active ( elle fera bientôt de l’équitation, partira en vacances en camping-car ( rose bien sûr et très encombrant!), n’oubliera pas de faire la cuisine etc… etc…BARBIE entre inexorablement dans le schéma d’une parfaite petite américaine gâtée. Pourtant, dès 1965, BARBIE est aussi astronaute, on l’a oublié!

Longtemps, son univers reste incroyablement machiste. Quand BARBIE se met à parler, c’est une caricature de bêtise qui fait hurler les féministes ( quand elle ne dit pas « c’est dur les maths », elle sort fadaise sur fadaise). Même BARBIE- Ingénieur Informatique est stupide, et doit demander de l’aide à ses collègues masculins pour coder!!!!…et on est pourtant en 2014! MATTEL  doit s’excuser et  retirer des produits de la vente ( devenus collectors aujourd’hui, bien sûr!).

Durant ces 6 décennies, l’histoire personnelle de BARBIE continue à s’étoffer. Elle aura peu à peu une grande famille: 5 soeurs ( les plus connues sont SKIPPER et TRACY), 1 frère qui passe un peu inaperçu, 21 chiens et toute une ménagerie… et puis un amoureux, le fameux KEN . Comme sa chérie, KEN verra son physique et son look évoluer… En revanche, quand BARBIE quittera Ken pour un surfer nommé SLOANE, le public n’adhérera pas!

BARBIE suit son époque, elle exercera tour à tour la plupart des professions, y compris les plus inattendues, elle adoptera mille looks, et se transformera en voyageant de part le monde. Barbie noire est vendue dès 1968, elle sera suivie de nombreux « clones » de tous les continents. Simultanément, ses mensurations évoluent aussi, d’abord lentement, puis radicalement: on trouve maintenant des BARBIE rondes, ou petites, ou avec une « culotte de cheval » ( et même de l’acné ).

MATTEL le souligne: BARBIE fait vivre les différences!! On rencontre aujourd’hui une BARBIE chauve ( destinée aux enfants suivant un traitement anti-cancéreux) , une BARBIE voilée, une BARBIE handicapée ( avec une prothèse)  … et le catalogue semble inépuisable! On y trouve par exemple aussi des BARBIE à l’effigie de « femmes d’exception », de part leur engagement ou leur réussite professionnelle ( l’une des plus réussies étant la BARBIE-FRIDA KAHLO)

Evidemment tout cela suscite la passion de nombreux collectionneurs parfois prêts à débourser une petite fortune pour certains modèles! Pourtant, BARBIE semblait sur une mauvaise pente: la concurrence d’ELSA et ANNA ( poupées Reine des Neiges) avait fait chuter ses ventes de 21%…

Quid de la suite? Entre modernité et nostalgie,  BARBIE a-t-elle encore de beaux jours devant elle? Ou pas?? A voir dans 10 ans     ( y aura-t-il un jour une « BARBIE  entre à l’EHPAD »??).

ALLEZ!… BON  ANNIVERSAIRE  BARBIE!

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Photo France Info

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