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 Par Pascale GUISLAIN                                                                                                                                     Photo facebook

 

Impatiemment attendue, la programmation de la 25ème édition des MUSIQUES SACREES du MONDE  a enfin été dévoilée… Elle vient conforter une thématique choisie et connue depuis plusieurs mois : « FES  à la confluence des cultures ».

Certes plus explicite que poétique ou imaginative, cette formulation resitue à la fois le rôle historique de la ville de FES  et la philosophie du Festival des Musiques Sacrées. Le « Mot du Président » ( A. ZOUITENE)  et l’ »EDITO  » du Directeur artistique Alain WEBER insistent sur ces points. On rappelle au passage que l‘ONU  a  désigné le Festival de FES   ( et son Forum ) comme « l’un des événements contribuant significativement au dialogue des civilisations « (  et l’UNESCO  est l’un de ses partenaires). 

Quant à la ville de FES, Alain WEBER rappelle qu’elle fut ce  » carrefour des civilisations où se côtoyaient derviches ou soufis, rois ou mendiants, pèlerins ou prophètes, juifs, chrétiens ou musulmans, esclaves ou marchands, prisonniers ou guerriers… » et c’est ce que mettra en scène  la Création d’ouverture  » FES, Mémoire du Futur » .  De nombreux artistes y évoqueront la naissance de la ville, sa diversité, son rayonnement spirituel et intellectuel, tandis qu’une nouvelle scénographie fera pénétrer le spectateur au coeur des ruelles de la médina,  chargées d’histoire et de souvenirs …( par ailleurs, depuis plusieurs années, la scène de la soirée d’ouverture est magnifiée par des fresques lumineuses plus sublimes les unes que les autres!)

Durant 8 jours ensuite, de nombreux concerts s’enchaîneront, au Jardin JNAN  SBIL, essentiellement pour les concerts d’après-midi, sur le site grandiose de BAB AL MAKINA pour les « grands concerts »,  dans de belles demeures ou palais en Medina pour certains concerts en soirée ( on découvrira un nouveau lieu cette année : le Palais Glaoui ).

Les festivaliers pourront par exemple applaudir ( et parfois découvrir) SAMI YUSUF, ANUNA ( chants sacrés d’Irlande), le libanais Marcel KHALIFE, les VOIX HUMAINES du Canada, MICHELLE  DAVID and GOSPELS,  CANTICUM NOVUM  (France) , MEERA (Inde), le WORLD YOUTH BAROQUE  ENSEMBLE, KOl COLE (Allemagne),  OPERA SLAM BAROQUE, les MAITRES de la HARPE ( Amérique latine) et une GRANDE NUIT du FLAMENCO …. soit des artistes venus de plus de 30 pays!

Pour le FORUM, le thème retenu est le même, mais son programme précis , et surtout le nom des intervenants , ne sont pas encore publiés à ce jour….

POUR UNE PRESENTATION DETAILLEE, consulter le site officiel du festival ( fesfestival.com/2019)

 

Photo twitter

fresquesfes-phototwitter

 Par Pascale GUISLAIN                                                                                                                                                   Photo LAM

 

Dites « GIACOMETTI » et presque invariablement, on vous répondra « L’Homme qui marche »… réponse exacte, mais réductrice, voire caricaturale par rapport à l’oeuvre du sculpteur et peintre suisse.

 Pour découvrir et mieux connaître Alberto GIACOMETTI ( 1901-1966), le LAM de Villeneuve d’Ascq ( HAUTS de FRANCE) consacre une grande rétrospective à un artiste déjà mythique de son vivant ( GIACOMETTI a reçu de nombreux prix et distinctions … et son portrait figure même sur un billet de 100 francs suisses)

Avec  » Alberto GIACOMETTI, Une Aventure Moderne » ( 13 Mars – 11 Juin 2019), le LAM, qui s’adresse aussi aux visiteurs belges et néerlandais, propose une exposition à la fois ambitieuse ( 150 pièces présentées, dont des chefs d’oeuvre rarement montrés) et originale, car c’est tout le Musée qui se met au diapason de GIACOMETTI.

Ainsi, dans le prolongement des oeuvres de Giacometti, le visiteur sera convié à jeter un autre regard sur des oeuvres des collections permanentes, signées de compagnons de route de l’artiste ( PICASSO, Henri LAURENS…)

Au sein de tous les espaces du musée sont également proposés des « CONTREPOINTS » qui dévoilent différentes facettes de Giacometti et mettent en évidence son influence sur d’autres artistes et sur l’art brut.

Les sculptures longilignes et fragiles ( réalisées à partir de 1946-47) sont bien sûr exposées, mais aussi d’autres familles de sculptures et compositions, des peintures, gravures etc…

En fait, c’est vraiment tout le parcours d’Alberto GIACOMETTI qui est retracé, d’abord ses débuts en Suisse marqués par l’influence cubiste, puis sa découverte de l’art égyptien ( vers 1920), qui marquera toute sa création, son arrivée à Paris en 1922, sa découverte de l’art africain et océanien ( essentielle dans sa quête de la simplification), l’ installation dans la célèbre « caverne-atelier » rue Hippolyte Maindron qu’il ne délaissera jamais, en passant par la période surréaliste de l’artiste (1929-35)… Des oeuvres majeures illustrent et jalonnent ce parcours : de magnifiques « têtes plates », « la Femme Egorgée » etc… On comprend et situe mieux l’obsession de la ressemblance dans les Portraits réalisés par Giacometti, ou encore ses interrogations sur la dimension et la perception de la distance ( les « minuscules ») . 

En marge des oeuvres de GIACOMETTI, une réalisation d’Annette MESSAGER est présentée, assemblage hétéroclite de faux Giacometti de sa composition (« SANS  LEGENDE » 2011-2012).

 INFORMATIONS  PRATIQUES sur le site du LAM www.musee-lam.fr

( D’autre part, de nombreux articles , facilement accessibles sur internet retracent la vie et l’oeuvre de GIACOMETTI, avec de multiples photos de l’artiste et de ses créations)

 

 

 

Par Pascale GUISLAIN                                                            Photo tirée du film ROMA ( La presse.ca)

Le film américano- mexicain « ROMA », réalisé par Alfonso CUARON  était absent, car refusé par les organisateurs, au dernier Festival de Cannes. Le motif : il a été produit par NETFLIX, et diffusé sur cette plate-forme de streaming sans être sorti en salles. Cela avait suscité débats et commentaires… et n’a pas fini de faire question, d’autant que depuis Cannes, ROMA a été maintes fois primé et qu’il est nommé  ( voire favori) aux OSCARS. Il a par exemple reçu Le Lion d’Or à la Nostra de Venise, est lauréat des Golden Globes, des Goyas espagnols, du Syndicat des Réalisateurs etc…

Partout, Alfonso CUARON voit son film encensé par la critique, tant sur le fond que sur la forme. Il signe effectivement un très beau film intimiste ( inspiré de son enfance dans le quartier résidentiel ROMA à Mexico), assez lent ( sans être ennuyeux), et qui finalement parle simplement de sujets sérieux, y compris la fatalité sociale ( le personnage central du film est Chloé, la domestique indigène de la famille), la séparation des parents ou encore les manifestations étudiantes qui tournent au massacre     ( celles de 1971 au Mexique). 

Les images ( en noir et blanc) sont de toute beauté, empreintes de poésie, de nostalgie et de tendresse, voire d’amour , sans que jamais les symboles ne soient lourds ou imposés au spectateur.

En résumé…. un film à voir sans attendre si on a accès à NETFLIX! Netflix qui pourrait bien reitérer l’expérience en sortant de nouveaux films ( uniquement sur sa plate-forme ou avec également une diffusion en salles?)

 

Photo Via France

 

« L’ INCROYABLE  HISTOIRE  DU  FACTEUR  CHEVAL », film co-écrit et réalisé par Nils TAVERNIER, avec Jacques GAMBLIN et Laeticia CASTA dans les rôles principaux vient de sortir sur les écrans. Il retrace la vie hors norme d’un petit facteur de la Drôme, habité d’un projet fou et aujourd’hui considéré comme un génie…ce qui fut loin d’être le cas de son vivant!

Rien ne prédestinait Joseph Ferdinand CHEVAL , né dans la Drôme en 1836 à sortir du rang et à faire parler de lui, ni de son vivant ni un siècle plus tard. Après une scolarité courte, il devient  apprenti boulanger et se marie une première fois, avec une lingère dont il aura 2 enfants. A la mort de son fils aîné, il quitte la boulangerie et se fait embaucher comme ouvrier agricole. Mais, guetté par la misère, Joseph-Ferdinand saisit l’opportunité de devenir facteur et sera bientôt affecté à HAUTERIVES , sur une tournée de 33kms. Parallèlement , il devient veuf et se remarie avec   Philomène, qui lui apporte une petite dot et lui permet ainsi d’acheter un lopin de terre à Hauterives , où il passera le reste de sa vie et sera enterré.

Les tournées du Facteur Cheval sont longues, il les occupe donc à rêver tout en marchant, sans jamais parler de ses rêves ni chercher à les concrétiser…. jusqu’au jour où, en 1879 il butte sur une pierre, qui est pour lui une révélation et un déclic. Subjugué par sa forme, il la ramasse, puis cherche et choisit d’autres pierres, toujours plus de pierres ( il les accumule la journée et revient les chercher le soir avec sa fidèle brouette). Le voisinage le tient bientôt pour fou, car le voici qui , sans relâche, se met à construire un incroyable monument, qui ne ressemble à rien d’existant, fruit d’une imagination et d’une obsession sans pareilles. Il mettra  33 ans à bâtir son »Palais Idéal », oeuvre de toute une vie, de 12m sur 26m, faite de pierres, de chaux, de mortier ( on y trouve même les premiers principes du béton armé!), agrémentée de sculptures, d’inscriptions, de symboles… et évoquant parfois des constructions exotiques ou antiques ( il semble  que le facteur Cheval ait été inspiré par les cartes postales qu’ils distribuait ainsi que des revues traitant d’architectures lointaines).

Le facteur Cheval projetait d’être enterré dans son Palais, mais l’idée, illégale,  lui est refusée. Alors, il passe 8 ans de plus à construire… son tombeau « du silence et du repos sans fin », avant de mourir en 1924, à 88ans, et toujours à Hauterives.

Finalement, l’oeuvre folle ne restera pas l’oeuvre d’un fou… Dès 1930 Picasso et Breton s’y intéressent et lui apportent leur soutien. Plus tard, dans les années 60, André MALRAUX décide, alors pratiquement contre l’avis de tous, de classer le Palais Idéal aux Monuments Historiques… Au fil des décennies, il est de plus en plus visité,connu et reconnu,  et est aujourd’hui considéré comme un chef d’oeuvre de l’Art Naif, qui ne laisse aucun visiteur indifférent.

En complément au film annoncé plus haut, on trouve sur internet de nombreux articles, films TV, commentaires et photos sur le Palais et le Tombeau du Facteur CHEVAL. En 1954 un court métrage lui avait été consacré et…. en 2010 un épisode de Louis la Brocante l’évoquait!!

 

 

 

 

Photo Le guide des festivals.

Sur les agendas de la rentrée, un créneau privilégié est à noter depuis plus de 30 ans:

LE  TOURCOING  JAZZ  FESTIVAL                                   

… un rendez vous à la fois attendu, mais sans routine . Et la 32ème édition promet d’être à la hauteur des précédentes, avec une programmation associant qualité et ouverture.

Entre le 13 et le 20 octobre on pourra donc  applaudir  des  « valeurs sûres »        ( d’ailleurs fidèles au Festival pour certaines) : Airelle BESSON, Vincent PEIRANI, Chucho VALDES, André MANOUKIAN ou encore Anouar BRAHEM… mais aussi partager des découvertes et peut-être des coups de coeur ( par exemple pour la chanteuse KIMBEROSE ?).

Du JAZZ avant tout bien sûr, mais « dans une ambiance colorée et métissée musicalement ». Ceci grâce à des artistes musiciens talentueux, et aussi à des VOIX ( Hugh COLTMAN et Fatoumata DIAWARA pour ne citer qu’eux). Attention, certains concerts sont d’ores et déjà complets! IL  EST  GRAND  TEMPS  DE  RESERVER!

Les principaux lieux du Festival sont connus des habitués: Théâtre de Tourcoing, Colisée de Roubaix, Maison Folie de l’Hospice d’Havré, et mythique Magic Mirrors… A noter cette année de nouveaux partenariats et actions . D’abord un  » pré festival » début octobre, qui tournera entre la Maison Cavrois à Croix ( complet), Neuville en Ferrain, Lesquin , Mouscron et Gruson ( avec la trompette d’Airelle BESSON et l’accordéon de Lionel SUAREZ). Ensuite un cycle JAZZ et LITTERATURE en partenariat avec les médiathèques, et au MUBA , des lectures du discours d’Albert CAMUS pour la remise du Nobel accompagnées par des musiciens du département jazz de Tourcoing.

Yann SUBTS, directeur du Festival, Patrick DREHAN, directeur artistique et toute l’équipe d’organisation sont dans les starting block … plus que 5 semaines à attendre!

tourcoing-jazz-festival.com pour programmation détaillée, informations et billetterie

 

   Par Pascale GUISLAIN                                                                           PHOTO  LE PARISIEN

 

Seuls les superlatifs sont à même d’évoquer ARETHA FRANKLIN, qui a quitté ce monde pour celui des légendes le 16 Août dernier…

En 2010 , le magazine Rolling Stone la désignait  » meilleure chanteuse de tous les temps ». Une consécration méritée si on se rappelle que la Reine du Soul a enregistré 42 albums studio et vendu plus de 75 millions de disques. Première chanteuse noire à faire mieux qu’Elvis Presley, ARETHA a reçu 18 grammy awards, et d’innombrables nominations. 

Une immense chanteuse/auteure/compositrice de GOSPEL, de SOUL, de RYTHM and BLUES, de FUNK et de JAZZ, devenue aussi une véritable icône dans son engagement de féministe noire américaine. On l’a vue aux côtés de Martin Luther KING puis de nombreuses personnalités marquantes voire historiques, et bien sûr, entendue lors de l’investiture d’un  Barack OBAMA ému aux larmes.

Le destin personnel d’Aretha Franklin fut plus tortueux et compliqué. Chanteuse dès son plus jeune âge ( dans l’Eglise de son père, Révérend connu pour ses prêches, lui-même grand amateur de musique…. et adepte du cannabis), déjà mère de 2 enfants à l’âge de 15 ans, elle connut ensuite des relations amoureuses et conjugales mouvementées et souvent douloureuses. Peut-être sont-elles à l’origine des addictions qu’elle dut combattre durant des décennies ( tabac, alcool, puis lutte contre l’obésité..)?

Impossible de choisir entre ses titres mythiques ( « Respect », « You make me feel like », »A natural Woman », « I never loved a man » …), pour la plupart enregistrés sous le label Atlantic entre 1967 et 1980, entre ses duos bluffants ( avec Keith Richard, George Michael, Elton John etc…), ou même entre ses différents styles musicaux ( gospel, blues, jazz..)

Alors, pourquoi ne pas écouter un titre moins souvent diffusé, « Suzanne », chanson d’un autre grand de la chanson, Léonard COHEN ? ARETHA FRANKLIN se l’approprie magistralement…

 Par Pascale GUISLAIN                                                                                                           Photo barnebys.fr

 

L’artiste mexicaine Frida KAHLO ( 1907-1954) est décidément partout en ce printemps/été 2018 : 

A Londres d’abord, où le Victoria and Albert Museum lui consacre une grande exposition ( du 16 juin au 4 Novembre), avec plus de 200 vêtements et objets personnels qui n’avaient encore jamais quitté le Mexique

A Milan, où le Mudec vient de proposer 70 toiles, 150 photos et objets et 50 dessins

Sur GOOGLE  ART et CULTURE, pour une étonnante exposition didactique en ligne

…mais aussi sur la pochette du dernier album du duo Brigitte (« Nues »), dans les magazines de mode , puisque le monosourcil serait tendance (?)..., au sein des collections spéciales de Monoprix et Stradivarius ( T shirt à 15,99 euros), sur les plateaux et mugs de Bensimon, en effigie sur un rideau de bambou du Petit-souk… et ce ne sont que quelques exemples!

L’iconique peintre mexicaine n’a donc pas fini de nous interpeller!   Mais à vrai dire, si presque tout le monde la connait , on la méconnaît trop souvent aussi, ne serait-ce qu’en la réduisant à son rôle de féministe emblématique , voire à son « look » reconnaissable entre tous.

Les adjectifs à même de qualifier Frida KAHLO sont innombrables et contradictoires : passionnée, engagée, indépendante, déterminée, autonome, révolutionnaire ( Trotsky fut un de ses amis/amants) , libre et libérée ( y compris sexuellement), talentueuse bien sûr … mais aussi ambigüe, vulnérable, déconcertante …

Ce qui est certain, c’est qu’il est impossible de comprendre l’oeuvre de Frida KAHLO sans la mettre en rapport intime avec sa propre vie  et les drames qui l’ont jalonnée. Ses tableaux sont un  miroir de ses souffrances, chacun ou presque constitue un écho (parfois sublimé, caricaturé, ou onirique ) d’un épisode douloureux. Et ceux-ci n’ont pas manqué, au point qu’on parle de Frida KAHLO comme de la représentante absolue du corps brisé.

Frida a six ans à peine lorsqu’une atteinte de polyomyélite lui laisse le surnom de « Frida la Boiteuse » ( peut-être souffrait-elle aussi de spina bifida)… Très bonne élève, elle souhaite devenir médecin quand un épouvantable accident de bus la mutile gravement, la cloue longuement au lit et l’entraîne dans une spirale d’opérations et de douleur dont elle ne sortira jamais. C’est suite à cet accident qu’elle se met à peindre, grâce à un miroir au-dessus de son lit ( d’où ses 55 autoportraits sur 143 tableaux?!) et, dès cette époque, les thèmes récurrents de ses oeuvres apparaissent.

En 1929, Frida épouse Diego RIVERA, peintre très célèbre , de 20 ans son aîné. C’est le début d’une passion totale, volcanique et troublée mais intense et partagée ( Frida et l’infidèle Diégo se séparèrent, se remarièrent, ne se quittèrent jamais vraiment et se stimulèrent artistiquement et dans l’engagement politique).

A plusieurs reprises, Frida eut à subir des fausses couches ( suite aux séquelles de son accident ), qu’elle représenta dans des tableaux criants de douleur. Sa santé ne lui laissa guère de répit, bien qu’elle se montrât toujours active et volontaire . Attachée à la vie malgré tout, en dépit de périodes pessimistes et lourdes, elle livra une oeuvre très particulière, mélange de couleurs et de ténèbres, de naïveté et d’onirisme ( bien qu’elle ait par ailleurs toujours refusé le qualificatif de peintre surréaliste).

C’est en 1954 que meurt Frida KAHLO, vaincue par la souffrance et la maladie, après une énième hospitalisation et une amputation. Un doute a plané sur le fait qu’elle se soit suicidée, mais ses derniers mots écrits ont été « VIVA  LA  VIDA »...

Elle laisse à la postérité l’image d’une femme talentueuse et engagée, à la sincérité absolue et cruelle, et surtout celle d’une artiste d’avant-garde, totalement personnelle et hors cadre.

Pour mieux connaître Frida KAHLO, les biographies ne manquent pas. Par ailleurs le film « FRIDA », sorti en 2002 ( et visible sur Netflix ) est assez fidèle quoique romancé. Salma HAYEK y incarne une Frida KAHLO belle et attachante.

 

 

Par Pascale GUISLAIN

Et dire qu’il a 75 ans!…. le moins qu’on puisse dire c’est que Roger WATERS sur scène gomme les années!! Il chante, bouge… et s’indigne comme depuis toujours, comme si le temps avait épargné aussi bien l’artiste que sa musique.

Les quelques 26000 spectateurs du Stade Pierre Mauroy à Lille ont mesuré leur chance ( une tournée de 150 dates à travers le monde, mais 4 dates en France seulement)  et ont vécu une soirée grandiose.

Pour ce concert « US + THEM » on attendait une scénographie forte et soignée… elle est extraordinaire! De quoi marquer les esprits et renforcer la légende Roger WATERS! En plus, la voix n’a pas vieilli, les morceaux espérés sont au rendez-vous… Sacrée soirée!

Evidemment, le message est très engagé, voire politique : Trump en prend pour son grade, Israel, les partis néo-fascistes ou nationalistes aussi. Les migrants, les Palestiniens ont un avocat sans concessions … La révolte de WATERS est toujours son moteur  ( un message peut-être un peu trop explicite et martelé?… mais dans ce contexte, le public dans sa majorité comprend et  accepte…).

Il y a 30 ans, presque au même endroit,  le concert de PINK FLOYD avait marqué les esprits … celui-ci en a été digne!

 

Au commencement était une famille « normale » … Il y avait le père, qui menait une bonne petite carrière à la SNCF, le fils interne en médecine et son frère futur normalien, la fille de 17 ans qui voulait aller danser, un beau-frère bistrotier gaulliste et un autre beau-frère prêtre-ouvrier. Il y avait surtout la mère, certes un peu cantonnée à la cuisine (mais néanmoins « libérée par Moulinex « et « sublimée par Dim » !!) qui se supposait donc comblée-ou-presque.

Mais voilà, on était en Mai 68, et l’actualité devenait  tornade, même et surtout pour les familles normales… Les personnalités se révèlent, les conflits surgissent, bref, tout vole en éclat. L’intimité familiale épouse et répercute le contexte explosif. Possible et impossible se confondent…

Hervé HAMON en avait fait le thème d’un roman ( » Le Roman-feuilleton de Mai 68″) , Christophe MOYER ( Cie SENS ASCENSIONNELS à Lille ) en tire une pièce à la fois commémorative (50 ans, ça se marque!) et actuelle.

Le cocktail est très réussi: un brin de nostalgie ( qui rappelle comme le temps passe vite!) , pas mal d’humour, un peu-de-décalé-mais-pas-trop, de l’ironie, de la tendresse et du recul, un zeste de dérision…bref une sympathique plongée entre quotidien familial et contexte social.

La mise en scène est enlevée, vivante ( petite surprise au sein des spectateurs) et le thème intelligemment mené. A noter que, pour une fois, l’utilisation de la vidéo est un vrai « plus » et pas seulement une concession à la mode!

La pièce termine une tournée régionale ( La Virgule a fait le bon choix en la programmant dans sa saison entre Tourcoing et Mouscron en Belgique). L’accueil du public pourrait bien lui donner d’autres opportunités. A voir donc dès que possible … pourquoi pas au  Festival « off » d’Avignon en juillet prochain?

Demandons-l-impoible

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