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Photo Sud Ouest

Paul LAY  (prononcer « laille ») est un jeune pianiste (très) talentueux et aussi (très) reconnu, car à 33 ans, il cumule déjà un nombre impressionnant de prix et récompenses significatifs et prestigieux. Le jazz ( qu’il a découvert lors de stages d’été à Marciac , en plus d’ un cursus à Toulouse puis au CNSM de Paris) en a fait une de ses étoiles montantes, saluant aussi bien ses prestations en concert que ses albums.

Justement, le troisième album de Paul LAY , « THE  PARTY » , sorti sous le label Laborie Jazz, en trio avec Dré PALLEMAERTS  à la batterie et  Clémens VAN der FEEN à la contrebasse. confirme et accentue le succès des 2 albums précédents ( « Unveiling » en 2010 et « Mikado » en 2014). Entre temps, le jeune pianiste a reçu le Prix Django Reinhardt en 2015, le Grand Prix du Jazz de l’Académie Charles Cros en 2014, le prix Soliste de la Défense, tout comme il a été récompensé à Montreux, à Moscou, consacré « Révélation 2015″ par Jazz Magazine etc…etc…

Un pianiste beau gosse ( ce qui ne gâte rien!), au jeu dynamique et personnel et aux compositions à la fois très construites et ouvertes à l’improvisation, une improvisation dont lui-même et ses complices ne se privent pas en concert!….en tout cas, un musicien à suivre!

 

Photo Les Inrocks

« Le premier KING » (l’autre étant bien sûr Elvis Presley!), « le pionnier du Rock’N'Roll » ( et du Boogie Woogie, et du soul etc…), « la Légende du Rock »… titres, surnoms et superlatifs n’ont pas manqué ce 24 Octobre 2017, pour saluer FATS DOMINO  décédé en Louisiane à 89 ans.

Dans la mémoire de chacun se dessinent une silhouette ( celle qui lui valut très jeune son surnom de « Fat ») , un sourire éclatant et presque enfantin, une coupe de cheveux bien bien plate sur le dessus ( même si son look deviendra plus tard plutôt « coupe afro ») et surtout, inévitablement, surgissent les notes de l’incontournable « BLUEBERRY HILL », enregistré en 1956 en reprise d’une chanson de 1940.

… La longue vie musicale de FATS DOMINO, pianiste, chanteur, compositeur et chef d’orchestre,  ne se résume évidemment pas à ce titre mythique. Né en Nouvelle-Orléans dans une famille nombreuse , créole et catholique, le jeune Antoine Domino Jr ne pense en fait qu’à la musique, en tout cas bien plus qu’à l’école et dès son plus jeune âge. D’abord entre un vieux gramophone et un piano rouillé ( qui lui permet quand même d’apprendre les accords de base), puis grâce aux juke boxes et, dès 14 ans, dans les « boites à chansons » qu’ils fréquente assiduement, et où il commence à jouer. Il se fait ainsi une petite réputation auprès d’amateurs, puis une grande … il reçoit son surnom de Fats Domino, et signe son premier contrat en 1949.

Il enregistre alors  » THE FAT MAN » , qui est considéré comme le premier morceau « rock », grâce à sa cadence chaloupée ( le « big beat » comme il disait).

Dans les années 50, les succès s’enchaînent : « GOIN’HOME » en 1952, « BLUEBERRY HILL » en 1956 après « AIN’T THAT A SHAME » en 1955… Seul ELVIS ( par ailleurs très admiratif de Fats Domino) le détrônera aux Hits-parade.

Le plus étonnant est peut-être que , dans une période de ségrégation très marquée aux Etats-Unis, Fats Domino ait pu être reconnu et apprécié de beaucoup, noirs comme blancs. Ses biographes expliquent cela par son côté « ni trop clivant, ni pas assez », « ni trop sexy, ni trop guimauve ». Une sorte d’anti- Elvis », qui rassurait aussi les parents des adolescents!

Mêlant jazz traditionnel, rythmes carabéiens et latins, blues et boogie-woogie ( un rythm and blue sensuel d’origine créole) , Fats Domino séduit un public d’horizons très variés. Il influence Elvis PRESLEY et les BEATLES pour ne citer qu’eux…et devient une grande référence musicale dans le monde entier, bien qu’il ait connu par la suite des périodes plus « commerciales » et se soit parfois fourvoyé dans certaines modes musicales moins heureuses pour lui.

Par ailleurs, si la vie privée de FATS DOMINO n’était pas exemplaire ( ce qu’il a lui-même évoqué dans quelques chansons plus récentes), il a néanmoins  assez peu défrayé la chronique, ce qui a sans doute contribué à son capital sympathie…

Mais comment mieux évoquer FATS  DOMINO qu’en l’écoutant?!

Voici donc le mythique BLUEBERRY HILL….puis AIN’T THAT A SHAME (1955)

 

Photo La Virgule

On savait Jean-Marc CHOTTEAU ( LA VIRGULE, compagnie théâtrale transfrontalière née à Tourcoing ) admirateur fasciné de FLAUBERT… la preuve: sa création « BOUVARD et PECUCHET » en 2016 ( adaptation, mise en scène et jeu). Il récidive cette année avec « VOTRE GUSTAVE » ( c’est ainsi que Flaubert signait souvent ses lettres), nouvelle création d’après la correspondance de Gustave Flaubert, rassemblée et éditée après la mort du romancier  par sa nièce Caroline.

A travers un choix de lettres d’une grande force et d’une surprenante modernité, CHOTEAU nous invite ici à refaire le parcours de l’écrivain et à découvrir l’homme, dévoilant une personnalité sensible et excessive, passionnée mais empreinte de misanthropie et de mélancolie, un esprit viscéralement  » pourfendeur de la bêtise des gens et de la société » …. puis un écrivain tellement habité et obsédé par l’écriture de son « Bouvard et Pécuchet » que sa raison et sa vie mêmes en furent ébranlées.

Pour « VOTRE GUSTAVE », Chotteau incarne Flaubert, seul acteur en scène mais accompagné par la pianiste Françoise CHOVEAUX qui signe la création musicale originale du spectacle et qui figure Caroline, la nièce orpheline bien aimée , apportant de la hauteur et de la poésie à la lecture des lettres. Et c’est une voix « off » , celle de Claire Mirande, qui s’exprime au nom de Caroline…

La mise en scène choisie par J-M CHOTTEAU donne du rythme et de la vie aux lettres qu’il a choisies parmi les 4000 lettres éditées. Comme annoncé, on retrouve le parcours de l’écrivain FLAUBERT tout en découvrant l’homme GUSTAVE.

La performance d’acteur est indéniable… et on peut dire que la création est réussie car, même si la pièce peut sembler un peu longue ( du moins vers la fin, lorsque Flaubert est vampirisé par « Bouvard et Pécuchet » ), on en sort bel et bien avec l’envie de (re)lire Gustave Flaubert!

LA  VIRGULE  82  Bd Gambetta  59200 TOURCOING  0033(0)320271363

www.lavirgule.com pour tout renseignement sur la pièce et le programme de la saison 2017/18

Photo Overblog

27 Décembre 1974 au petit matin, la Fosse 3 (dite de Saint Amé) à Liévin reprend son activité après une brève trève de Noël…90 mineurs descendent y prendre leur poste … 42 d’entre eux, âgés de 25 à 54 ans, ne remonteront jamais. Car à 6h19 un bruit sourd secoue le quartier des Six Sillons à 710m de profondeur. La « catastrophe de Liévin » vient de se produire, la plus meurtrière depuis le drame de Courrières ( 1099 mineurs morts en 1906).

Les familles attendent des heures devant les grilles de la Fosse dans l’anxiété de savoir qui sont les victimes, les caméras et micros des journalistes harcèlent ceux qui remontent du fond. Très vite se pose la question du  POURQUOI de cette explosion. L’explication immédiatement avancée est celle d’un « coup de poussier » ( particules fines de carbone très inflammables). Mais l’autopsie de mineurs victimes marque la présence de grisou. La polémique démarre immédiatement. Pour la première fois dans l’histoire de la mine, l’habituel recours à « la FATALITE » n’est pas accepté. A l’émotion succède la mobilisation. Les syndicats sont sur le pont, des manquements à la sécurité pointés du doigt. La justice est saisie et le médiatique (et très bavard) juge Pascal chargé de l’instruction (il sera ultérieurement dessaisi du dossier). Un interminable feuilleton judiciaire commence. En 1975 , un ingénieur est inculpé puis envoyé devant la chambre correctionnelle en 1978. En 1981, un jugement conclut à « un manquement inexcusable des Houillères » , déclarées civilement responsables. En 1984, l’Appel revient sur ce jugement, et finalement, seul l’ingénieur sera condamné à une amende pour négligence sur la détection des gaz.

Le drame de Lièvin a profondément marqué les esprits et les coeurs des mineurs et de leurs familles…apparemment nettement moins au-delà de la région, peut-être parce que dans la tête de beaucoup, la mine « c’était déjà fini »…

En cette rentrée littéraire est sorti chez Grasset « Le Jour d’Avant » de Sorj CHALANDON… L’auteur , habité par le drame qui l’avait ému en 1974 ( il était alors journaliste à Libération), se ré approprie la douleur et la révolte alors ressentie, à travers un personnage , « inventant » une 43 ème victime…

Mais la fiction n’empêche pas un réalisme local et historique très fort ( Sorj CHALANDON n’est certes pas « un enfant du pays », pourtant il en a étudié et compris la vie et la mentalité) . Le talent de l’écrivain se conjugue donc ici avec la rigueur du travail journalistique. L’écriture est claire et vivante, le récit très fort et néanmoins parfois empreint de poésie. Le public et les critiques ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, car « Le Jour d’Avant » semble parti pour être un succès de librairie….

chalandon-photoyoutube

PHOTO  ça c’est culte

 

TOURCOING , qui s’affiche comme la ville jazz des Hauts de France, propose pour la 31ème année un Festival de jazz toujours aussi prometteur et attractif…Le public est donc convié du 14 au 21 0ctobre à vibrer, applaudir, découvrir, re- découvrir, se laisser convaincre et enchanter…

Le programme complet est  disponible en ligne ( www.tourcoing-jazz-festival.com) , sur la page facebook du Festival et au 1OO Rue de Tournai à Tourcoing      (la billetterie est ouverte depuis plusieurs semaines ) … Quelques noms d’artistes pour prouver   ( s’il le fallait !) le niveau de la manifestation ? : Richard GALLIANO, Archie SHEPP, Sylvain RIFFLET, Youn SUN NAH, Kesiah JONES, PONTY-LAGRENE-EASTWOOD….et bien d’autres!

De quoi se régaler!

Photo jazz-a-vienne

Les albums « reprise » sont à la mode ces temps-ci : autour de BARBARA, autour de JOHNNY HALLIDAY… les sorties s’enchainent. Mais « tendance » peut aussi rimer avec « qualité « … C’est en tout cas ce que laisse espérer le très prochain projet d’IBRAHIM  MAALOUF. 

Le 17 Novembre, le trompettiste-compositeur-arrangeur sort un album rendant hommage à DALIDA , pour les 30 ans de sa disparition ( sous le label Barclay, qui est par ailleurs celui de la chanteuse).

Inattendu ?! IBRAHIM MAALOUF a souvent affirmé qu’il voulait varier les projets et mixer les genres. Et surtout, il s’est dit étonné et séduit par Dalida  » femme multiculturelle, à la fois orientale et européenne, latine, passionnée et timide, secrète, capable de faire danser et groover comme de faire pleurer et rêver »… Si l’album à venir est prometteur, c’est qu’outre son propre talent, Ibrahim MAALOUF s’est entouré de vraies « pointures ». Alain SOUCHON reprendra « Bambino », MIKA donnera sa version de « Salma ya Salama »…. On entendra aussi ARNO, Rokia TRAORE, Thomas DUTRONC, IZIA, BEN l’ONCLE  SOUL, Matthieu CHEDID et…Monica BELLUCCI! Les premiers extraits diffusés semblent très réussis ( en particulier celui de Mélodie GARDOT associée à Ibrahim MAALOUF sur « J’Attendrai »).

VOILA  QUI  DONNE ENVIE!  alors rendez-vous en Novembre..

Photo Skyrock

On est au début de 1970 lorsque 5 artistes du quartier populaire Hay Mohammadi à Casablanca créent un groupe musical appelé NASS EL GHIWANE, et c’est le départ d’une aventure que beaucoup considèrent comme une véritable révolution musicale au Maroc. Martin SCORCESE lui-même disait de ces musiciens qu’ils étaient  les « Rolling Stones de l’Afrique » ( et a d’ailleurs acheté les droits de leur chanson « Ya Sah » pour son film « La Dernière Tentation du Christ »).

Les 5 musiciens fondateurs ( Laarbi BATMA, Omar SAYED, BOUJMIA, Allal YAALA et Aziz TAHIRI – qui sera assez vite remplacé par Abdermahne PACO-) n’ont manifestement pas choisi le nom du groupe au hasard: la pratique du GHIWANE est en effet une coutume ancestrale  au Maroc, qui conférait à des gens connus pour leur probité et leur modestie, la faculté de décrire par le chant et la parole la vie quotidienne et les problèmes de leurs semblables…et c’est bien dans cette voie que va s’engager le répertoire de NASS EL GHIWANE ! Si la partie musicale s’appuie sur le répertoire traditionnel, avec des héritages gnaoua, chaâbi et soufi , et utilisant des instruments tels que le luth, le guembri, le tbil, la darbouka ou le banjo, ce sont les textes qui créent un véritable choc. Loin des habituelles chansons d’amour un peu plaintives et récurrentes, ils évoquent les problèmes de la jeunesse, les difficultés du quotidien, les blocages et les injustices de la société, ce qui n’avait jamais été osé. Dès 1971 , le groupe est adulé par un public séduit par les rythmes et touché par les paroles. Parallèlement bien sûr, ses membres se mettent en danger de par leur rôle contestataire et rebelle… mais ils garderont le cap et n’abdiqueront pas. D’ailleurs, 45 ans plus tard et malgré le décès ou le départ  de plusieurs des premiers membres,  ils restent mythiques pour de très nombreux marocains de tous âges.

Groupe symbolique pour toute une génération, NASS EL GHIWANE  est, selon Mohamed RAHMAOUI, « le groupe des superlatifs » , un groupe qui continue à être très écouté au Maroc et au-delà, à vendre beaucoup d’albums et aussi à se produire en concert ( par exemple à  Nanterre en octobre prochain). Personne n’a oublié ses longs morceaux parfois mélancoliques, parfois festifs et exaltés, souvent composés dans un esprit de transe. Avec un répertoire très riche, qui allie le respect de la tradition musicale et l’exigence d’une expression moderne et libre…

Photo Molpé Music

« TAZIRI » signifie « clair de lune » en berbère… Pour le guitariste et joueur de oud Titi ROBIN, c’est aussi le nom d’un voyage musical d’une rive à l’autre de la Méditerranée en compagnie de son jeune complice, le talentueux et très populaire musicien gnawa Mehdi NASSOULI.

Ce dernier apporte sa voix, le son de son guembri et une vraie connaissance  des musiques marocaines…Titi ROBIN signe avec lui un très agréable « pont musical », qu’ il qualifie de « blues méditerranéen », à partager sur l’album comme en concert…

« TAZIRI » comporte 9 titres, appuyés par l’accordéon ( Francis VARES) et les percussions…et restitue un univers musical plein de talent, et aussi de plaisir et de respect mutuels…

Photo Fesfestival

En 2015 et 2016 , les Musiques Sacrées de Fes avaient beaucoup souffert de la pluie et des orages…Est-ce parce que les organisateurs avaient mis l’eau à l’honneur ( le thème de cette année était  » l’Eau et le Sacré ») ? ?…toujours est-il que cette 23ème édition n’a pas vu un seul nuage obscurcir son ciel! Aucun concert annulé, et des festivaliers  appréciant  une météo chaude et ensoleillée. …

Les conditions étaient donc idéales pour découvrir la programmation proposée par Alain WEBER, Directeur artistique du Festival. Comme toujours, le choix était dense, entre « grands concerts » le soir à Bab Makina, concerts de l’après-midi dans les jardins, soirées-concerts au sein de la Médina, grands concerts populaires (gratuits) place Boujloud, projections cinématographiques etc…Comme toujours aussi, les 9 jours de Festival ont apporté de grands moments, de belles découvertes et de jolies surprises…et quelques déceptions, forcément!

La Soirée d’ouverture est toujours un moment très attendu ( et pas seulement parce que la Princesse Royale y est traditionnellement présente). La création « Spirit on Water » a bien respecté la tradition d’un voyage musical, visuel et poétique, inaugurant à la fois du thème de la semaine et des artistes à venir, même si son scénario a pu sembler moins « fouillé » que les années précédentes…Plus moyennement séduit par l’Opéra WU du ZHEJIANG , ancêtre de l’Opéra de Pékin  ( exécuté à la perfection, mais peut-être un peu  » long » pour un public non asiatique et non initié?), le public a beaucoup applaudi « SHONGAI », magnifique rencontre entre le flamenco et la dextérité de Toumani DIABATE à la kora …. Accompagné de l’Orchestre symphonique Harmonium, le guitariste Vicente AMIGO a fait l’unanimité … Le chant des femmes du Maroc, IZLAN, a parfaitement trouvé sa place dans la programmation…..et bien sûr, la diva libanaise Magida El Roumi a comblé le public marocain lors de la soirée de clôture!

Parmi les meilleures rencontres musicales dans les jardins Jnan Sbil, citons le pianiste Marc VELLA , Eric BIBB (« à l’origine du Blues ») et  les Violons Barbares...tandis que la Brésilienne Marlui MIRANDA et le groupe irlandais LANKUM  semblaient un peu en-deçà des attentes. On ne s’attardera pas sur la prestation de Michael LONSDALE, préférant se souvenir d’autres performances  de cet acteur si attachant .

Une mention particulière aussi pour TAZIRI , projet musical proposé par Titi ROBIN et le jeune Mehdi NASSOULI, moment de complicité musicale et de talent très apprécié par un nombreux public à  Dar ADIYEL.

Les concerts de la Place Boujloud ont fait le plein et réuni d’innombrables fassis, souvent venus en famille ( d’autant que les soirées étaient particulièrement sécurisées cette année), donnant une ambiance de fête populaire aux rues de la ville..

Le FORUM de Fes , consacré à la problématique de l’eau, réunissait des spécialistes « pointus », face à un public intéressé et concerné…mais il s’agissait plus cette année d’un colloque que d’un « forum » tel que nous le connaissions jusqu’ici…

A bientôt sur Culture-et-plus , pour présenter plus en détail certains des artistes présents au Festival de FES!

Photo VOGUE

La voix est douce, les gestes délicats, les expressions timides et nuancées…mais qu’on ne s’y trompe pas, Bouchra JARRAR est aussi ( d’abord?) un concentré d’énergie, de volonté et de lucidité! Sinon, bien sûr, elle ne serait pas devenue Directrice artistique « Femme » chez LANVIN.

Son parcours est éloquent: née en 1970 à Cannes, Bouchra est la 6ème et avant-dernière enfant d’une famille originaire de Fès  et elle  dit devoir beaucoup à une ambiance familiale à la fois aimante et rigoureuse.

Un documentaire sur Yves Saint-Laurent donne un déclic à son orientation. Après des études d’histoire de l’Art, la voici qui « monte » à Paris et s’inscrit à l’Ecole DUPERRE, dont elle sort diplômée 3 ans plus tard. Elle se forme alors chez Capucine PUERARI ( lingerie), puis chez Jean-Paul GAULTIER ( bijoux). En 1996 Bouchra entre chez BALENCIAGA où elle restera 10 ans, travaillant avec Nicolas GHESQUIERE. Suivra un bref passage chez SCHERRER, avant de rejoindre LACROIX pour les dernières collections de la Maison.

En 2010, elle décide de vivre une grande expérience, et fonde sa propre maison de Couture. Le challenge est fort, mais la jeune créatrice est talentueuse et bien conseillée, et elle le relève haut la main. La reconnaissance ne tarde pas. En 2012 , Bouchra JARRAR est décorée des Arts et Lettres, en 2013, elle devient « membre permanent de la Haute Couture ». Son style se précise et s’affirme, tant en haute couture qu’en prêt à porter. Chaque collection prouve que Bouchra ne s’adresse pas à une « femme fantasmée », mais à des femmes bien réelles, ancrées dans la vie, et qui veulent « un vestiaire fonctionnel et portable ». Les vêtements sont « nets », les coupes impeccables, les matières belles, voire luxueuses….

Mais en 2016, quand LANVIN ( maintenant dirigé par Madame WANG) spropose à Bouchra JARRAR de succcéder à Alber ELBAZ comme Directrice Artistique des collections femme, elle n’hésite pas beaucoup. L’histoire de la Maison LANVIN lui plait, l’image de Jeanne LANVIN lui parle, elle sait trouver dans les ateliers Lanvin la qualité et l’excellence qu’elle recherche…elle accepte « avec joie et fierté ».

Nouvelle page, nouveau défi, nouvelles exigences pour Bouchra JARRAR, nouvelles attentes aussi, que tous les amoureux de beau et de Haute Couture ne manqueront pas de suivre!

Photo Les Echos

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