Home Coups de coeur

PHOTO  ça c’est culte

 

TOURCOING , qui s’affiche comme la ville jazz des Hauts de France, propose pour la 31ème année un Festival de jazz toujours aussi prometteur et attractif…Le public est donc convié du 14 au 21 0ctobre à vibrer, applaudir, découvrir, re- découvrir, se laisser convaincre et enchanter…

Le programme complet est  disponible en ligne ( www.tourcoing-jazz-festival.com) , sur la page facebook du Festival et au 1OO Rue de Tournai à Tourcoing      (la billetterie est ouverte depuis plusieurs semaines ) … Quelques noms d’artistes pour prouver   ( s’il le fallait !) le niveau de la manifestation ? : Richard GALLIANO, Archie SHEPP, Sylvain RIFFLET, Youn SUN NAH, Kesiah JONES, PONTY-LAGRENE-EASTWOOD….et bien d’autres!

De quoi se régaler!

Photo jazz-a-vienne

Les albums « reprise » sont à la mode ces temps-ci : autour de BARBARA, autour de JOHNNY HALLIDAY… les sorties s’enchainent. Mais « tendance » peut aussi rimer avec « qualité « … C’est en tout cas ce que laisse espérer le très prochain projet d’IBRAHIM  MAALOUF. 

Le 17 Novembre, le trompettiste-compositeur-arrangeur sort un album rendant hommage à DALIDA , pour les 30 ans de sa disparition ( sous le label Barclay, qui est par ailleurs celui de la chanteuse).

Inattendu ?! IBRAHIM MAALOUF a souvent affirmé qu’il voulait varier les projets et mixer les genres. Et surtout, il s’est dit étonné et séduit par Dalida  » femme multiculturelle, à la fois orientale et européenne, latine, passionnée et timide, secrète, capable de faire danser et groover comme de faire pleurer et rêver »… Si l’album à venir est prometteur, c’est qu’outre son propre talent, Ibrahim MAALOUF s’est entouré de vraies « pointures ». Alain SOUCHON reprendra « Bambino », MIKA donnera sa version de « Salma ya Salama »…. On entendra aussi ARNO, Rokia TRAORE, Thomas DUTRONC, IZIA, BEN l’ONCLE  SOUL, Matthieu CHEDID et…Monica BELLUCCI! Les premiers extraits diffusés semblent très réussis ( en particulier celui de Mélodie GARDOT associée à Ibrahim MAALOUF sur « J’Attendrai »).

VOILA  QUI  DONNE ENVIE!  alors rendez-vous en Novembre..

Photo Skyrock

On est au début de 1970 lorsque 5 artistes du quartier populaire Hay Mohammadi à Casablanca créent un groupe musical appelé NASS EL GHIWANE, et c’est le départ d’une aventure que beaucoup considèrent comme une véritable révolution musicale au Maroc. Martin SCORCESE lui-même disait de ces musiciens qu’ils étaient  les « Rolling Stones de l’Afrique » ( et a d’ailleurs acheté les droits de leur chanson « Ya Sah » pour son film « La Dernière Tentation du Christ »).

Les 5 musiciens fondateurs ( Laarbi BATMA, Omar SAYED, BOUJMIA, Allal YAALA et Aziz TAHIRI – qui sera assez vite remplacé par Abdermahne PACO-) n’ont manifestement pas choisi le nom du groupe au hasard: la pratique du GHIWANE est en effet une coutume ancestrale  au Maroc, qui conférait à des gens connus pour leur probité et leur modestie, la faculté de décrire par le chant et la parole la vie quotidienne et les problèmes de leurs semblables…et c’est bien dans cette voie que va s’engager le répertoire de NASS EL GHIWANE ! Si la partie musicale s’appuie sur le répertoire traditionnel, avec des héritages gnaoua, chaâbi et soufi , et utilisant des instruments tels que le luth, le guembri, le tbil, la darbouka ou le banjo, ce sont les textes qui créent un véritable choc. Loin des habituelles chansons d’amour un peu plaintives et récurrentes, ils évoquent les problèmes de la jeunesse, les difficultés du quotidien, les blocages et les injustices de la société, ce qui n’avait jamais été osé. Dès 1971 , le groupe est adulé par un public séduit par les rythmes et touché par les paroles. Parallèlement bien sûr, ses membres se mettent en danger de par leur rôle contestataire et rebelle… mais ils garderont le cap et n’abdiqueront pas. D’ailleurs, 45 ans plus tard et malgré le décès ou le départ  de plusieurs des premiers membres,  ils restent mythiques pour de très nombreux marocains de tous âges.

Groupe symbolique pour toute une génération, NASS EL GHIWANE  est, selon Mohamed RAHMAOUI, « le groupe des superlatifs » , un groupe qui continue à être très écouté au Maroc et au-delà, à vendre beaucoup d’albums et aussi à se produire en concert ( par exemple à  Nanterre en octobre prochain). Personne n’a oublié ses longs morceaux parfois mélancoliques, parfois festifs et exaltés, souvent composés dans un esprit de transe. Avec un répertoire très riche, qui allie le respect de la tradition musicale et l’exigence d’une expression moderne et libre…

Photo Molpé Music

« TAZIRI » signifie « clair de lune » en berbère… Pour le guitariste et joueur de oud Titi ROBIN, c’est aussi le nom d’un voyage musical d’une rive à l’autre de la Méditerranée en compagnie de son jeune complice, le talentueux et très populaire musicien gnawa Mehdi NASSOULI.

Ce dernier apporte sa voix, le son de son guembri et une vraie connaissance  des musiques marocaines…Titi ROBIN signe avec lui un très agréable « pont musical », qu’ il qualifie de « blues méditerranéen », à partager sur l’album comme en concert…

« TAZIRI » comporte 9 titres, appuyés par l’accordéon ( Francis VARES) et les percussions…et restitue un univers musical plein de talent, et aussi de plaisir et de respect mutuels…

Photo Fesfestival

En 2015 et 2016 , les Musiques Sacrées de Fes avaient beaucoup souffert de la pluie et des orages…Est-ce parce que les organisateurs avaient mis l’eau à l’honneur ( le thème de cette année était  » l’Eau et le Sacré ») ? ?…toujours est-il que cette 23ème édition n’a pas vu un seul nuage obscurcir son ciel! Aucun concert annulé, et des festivaliers  appréciant  une météo chaude et ensoleillée. …

Les conditions étaient donc idéales pour découvrir la programmation proposée par Alain WEBER, Directeur artistique du Festival. Comme toujours, le choix était dense, entre « grands concerts » le soir à Bab Makina, concerts de l’après-midi dans les jardins, soirées-concerts au sein de la Médina, grands concerts populaires (gratuits) place Boujloud, projections cinématographiques etc…Comme toujours aussi, les 9 jours de Festival ont apporté de grands moments, de belles découvertes et de jolies surprises…et quelques déceptions, forcément!

La Soirée d’ouverture est toujours un moment très attendu ( et pas seulement parce que la Princesse Royale y est traditionnellement présente). La création « Spirit on Water » a bien respecté la tradition d’un voyage musical, visuel et poétique, inaugurant à la fois du thème de la semaine et des artistes à venir, même si son scénario a pu sembler moins « fouillé » que les années précédentes…Plus moyennement séduit par l’Opéra WU du ZHEJIANG , ancêtre de l’Opéra de Pékin  ( exécuté à la perfection, mais peut-être un peu  » long » pour un public non asiatique et non initié?), le public a beaucoup applaudi « SHONGAI », magnifique rencontre entre le flamenco et la dextérité de Toumani DIABATE à la kora …. Accompagné de l’Orchestre symphonique Harmonium, le guitariste Vicente AMIGO a fait l’unanimité … Le chant des femmes du Maroc, IZLAN, a parfaitement trouvé sa place dans la programmation…..et bien sûr, la diva libanaise Magida El Roumi a comblé le public marocain lors de la soirée de clôture!

Parmi les meilleures rencontres musicales dans les jardins Jnan Sbil, citons le pianiste Marc VELLA , Eric BIBB (« à l’origine du Blues ») et  les Violons Barbares...tandis que la Brésilienne Marlui MIRANDA et le groupe irlandais LANKUM  semblaient un peu en-deçà des attentes. On ne s’attardera pas sur la prestation de Michael LONSDALE, préférant se souvenir d’autres performances  de cet acteur si attachant .

Une mention particulière aussi pour TAZIRI , projet musical proposé par Titi ROBIN et le jeune Mehdi NASSOULI, moment de complicité musicale et de talent très apprécié par un nombreux public à  Dar ADIYEL.

Les concerts de la Place Boujloud ont fait le plein et réuni d’innombrables fassis, souvent venus en famille ( d’autant que les soirées étaient particulièrement sécurisées cette année), donnant une ambiance de fête populaire aux rues de la ville..

Le FORUM de Fes , consacré à la problématique de l’eau, réunissait des spécialistes « pointus », face à un public intéressé et concerné…mais il s’agissait plus cette année d’un colloque que d’un « forum » tel que nous le connaissions jusqu’ici…

A bientôt sur Culture-et-plus , pour présenter plus en détail certains des artistes présents au Festival de FES!

Photo VOGUE

La voix est douce, les gestes délicats, les expressions timides et nuancées…mais qu’on ne s’y trompe pas, Bouchra JARRAR est aussi ( d’abord?) un concentré d’énergie, de volonté et de lucidité! Sinon, bien sûr, elle ne serait pas devenue Directrice artistique « Femme » chez LANVIN.

Son parcours est éloquent: née en 1970 à Cannes, Bouchra est la 6ème et avant-dernière enfant d’une famille originaire de Fès  et elle  dit devoir beaucoup à une ambiance familiale à la fois aimante et rigoureuse.

Un documentaire sur Yves Saint-Laurent donne un déclic à son orientation. Après des études d’histoire de l’Art, la voici qui « monte » à Paris et s’inscrit à l’Ecole DUPERRE, dont elle sort diplômée 3 ans plus tard. Elle se forme alors chez Capucine PUERARI ( lingerie), puis chez Jean-Paul GAULTIER ( bijoux). En 1996 Bouchra entre chez BALENCIAGA où elle restera 10 ans, travaillant avec Nicolas GHESQUIERE. Suivra un bref passage chez SCHERRER, avant de rejoindre LACROIX pour les dernières collections de la Maison.

En 2010, elle décide de vivre une grande expérience, et fonde sa propre maison de Couture. Le challenge est fort, mais la jeune créatrice est talentueuse et bien conseillée, et elle le relève haut la main. La reconnaissance ne tarde pas. En 2012 , Bouchra JARRAR est décorée des Arts et Lettres, en 2013, elle devient « membre permanent de la Haute Couture ». Son style se précise et s’affirme, tant en haute couture qu’en prêt à porter. Chaque collection prouve que Bouchra ne s’adresse pas à une « femme fantasmée », mais à des femmes bien réelles, ancrées dans la vie, et qui veulent « un vestiaire fonctionnel et portable ». Les vêtements sont « nets », les coupes impeccables, les matières belles, voire luxueuses….

Mais en 2016, quand LANVIN ( maintenant dirigé par Madame WANG) spropose à Bouchra JARRAR de succcéder à Alber ELBAZ comme Directrice Artistique des collections femme, elle n’hésite pas beaucoup. L’histoire de la Maison LANVIN lui plait, l’image de Jeanne LANVIN lui parle, elle sait trouver dans les ateliers Lanvin la qualité et l’excellence qu’elle recherche…elle accepte « avec joie et fierté ».

Nouvelle page, nouveau défi, nouvelles exigences pour Bouchra JARRAR, nouvelles attentes aussi, que tous les amoureux de beau et de Haute Couture ne manqueront pas de suivre!

Photo Les Echos

2030962_fashion-week-femme-printemps-ete-2017-bouchra-jarrar-simpose-chez-lanvin-les echos_opt

Photo Mon Maroc Secret et Vivant

 

On a dit d’ESSAOUIRA, l’ancienne Mogador, qu’elle engendre  une « transe créative »… Transe musicale bien sûr, puisque 1998, la ville accueille et incarne le Festival GNAOUA et vibre alors au rythme du guembri…

                     ( voir à ce sujet  l’article antérieur   » mais qui sont les gnaouas? » sur ce même site )

….mais transe picturale aussi , si l’on évoque ceux que le critique et galièriste Frédéric DAMGAARD avait baptisé  » artistes singuliers d’Essaouira ». Des peintres qu’il a découverts et révélés tandis qu’ils ne se savaient pas artistes, mais étaient simplement maçon, menuisier ou pécheur…et s’exprimaient spontanément en peignant sur du carton, du contreplaqué, de l’isorel ou des volets! Avec un résultat saisissant, mêlant couleur, onirisme et surnaturel, dans une production foisonnante et inattendue, très « singulière » assurément! Frédéric Damgaard a donc exposé et fait connaître  OUARZAZ, BOUSLAI, BERHISS, ASMAH etc… et surtout celui qui en est devenu le chef de file, Mohamed TABAL .

« Tabal » signifie « le tambour », et effectivement, Mohamed TABAL était tambourinaire, musicien gnaoua ambulant. Initié aux rites de la confrérie, il en connaît les racines, les symboles, le rapport aux esprits, à la transe et à la possession. C’est ce qu’il exprime dans ses nombreux tableaux, et cela lui vaut d’être considéré comme « le peintre gnaoua », celui qui joint le monde musical et la peinture. Par exemple, les couleurs que TABAL  utilise sont  celles des familles d’esprits invoquées lors des lilas (nuits de transes gnaouas), tandis que l’imagination, le surnaturel et le fantastique donnent une tonalité particulière et très reconnaissable à ses oeuvres. Tout comme dans la musique gnaoua, on trouve dans les tableaux de TABAL un mélange d’africanité, de berbérité et de croyances populaires aux djinns. Certains parlent de peinture ethnique, d’autres de peinture naïve…

 Mohamed TABAL est aujourd’hui  reconnu comme un artiste significatif du Maroc.

tableau tabal2

tableau tabal1

tableau tabal 3

Louis WINSBERG ( co-fondateur du groupe star de jazz expérimental « SIXUN ») a sorti avec « For Paco » le 3ème volet de son projet JALEO, amorcé il y a une quinzaine d’années pour revenir aux sonorités méditerranéennes qui ont bercé son enfance… et où flamenco, musiques arabo-andalouse et nord africaines  dialoguent depuis lors , flirtant avec le jazz.

Le guitariste légendaire PACO DE LUCIA était bien sur ce même registre de fusion, et lui rendre hommage était donc une évidence pour Louis WINSBERG et JALEO.

11 compositions ( 10 de L. Winsberg et 1 de J-C Maillard) sur l’album, servies par des musiciens virtuoses. Citons Sabrina ROMERO ( chanteuse, danseuse et percussionniste), Cédric BAUD (Sitar, saz et mandoline), J-C MAILLARD ( guitariste choriste) et Stéphane EDOUARD ( aux tablas).

A l’arrivée , un album vibrant et raffiné, entre soleil et mer….

Photo hibamusic

 

2017 commence bien ( du moins musicalement!) : La diva libanaise Ghada SHBEIR et le groupe corse MISSAGHJU ont annoncé  au moment du Nouvel An  qu’ils travaillaient à un projet commun : « Passionata lover ». Ils ont illustré cette nouvelle en offrant un extrait de leur travail commun, de quoi donner grande envie d’en savoir plus, et de voir la  collaboration aboutir très vite.

 

Ghada SHBEIR, née en 1969 au Liban est à la fois une spécialiste mondialement reconnue du chant arabo-andalou et du chant sacré syriaque, et une interprète du « Mouwashah » ( art musical tout en douceur venu de l’Andalousie arabe du XIème siècle).

Elle est par ailleurs enseignante et chercheuse, spécialisée dans les musiques et mélodies anciennes, et se produit sur des  scènes prestigieuses de par le monde ( en France, 18 Février 2017, à l’Opéra de Lyon), donnant ainsi « une actualité bienvenue et heureuse aux traditions musicales arabes ». Chanteuse au timbre chaleureux et voluptueux, elle excelle   »a capella », toute en sensibilité et en maîtrise.

La rencontre musicale  avec les Corses MISSAGHJU est inattendue mais magique …

Le groupe corse (8 chanteurs) a été créé en 1992, autour de l’amour du chant corse, et il est mû depuis lors par le désir de faire connaître bien au-delà de ses frontières la tradition née en Corse. Le projet initié avec Ghada SHBEIR s’inscrit donc totalement dans la « philosophie » du groupe…

….et c’est le trio de jazz belge  » AKA MOON » qui, associé au pianiste Fabian FIORINI,  nous le prouve avec leur album  » SCARLATTI BOOK ».

D’un côté, un compositeur baroque et claveciniste, ami de Haendel, né à Naples en 1685 , qui nous a laissé plus de 5OO sonates, Domenico SCARLATTI.  De l’autre , trois  jazzmen belges qui ont fondé  « AKA MOON »  il y a 25 ans :  Fabrizio CASSOL ( saxophone et composition), Stéphane GALLAND ( batterie) et Michel HATZIGEORGIOU (basse). Depuis un quart de siècle ils ont enregistré 17 albums, tourné dans une trentaine de pays et beaucoup, beaucoup, voyagé, s’imprégnant de mille traditions et influences musicales. Cette fois, c’est dans le temps qu’ils voyagent, séduits et interpellés par les excentricités rythmiques et harmoniques des sonates de Scarlatti, des excentricités qui ouvrent la porte à l’improvisation et aux variations. Les voici donc qui retrouvent le très talentueux pianiste Fabian FIORINI pour sortir  l’album « SCARLATTI BOOK » et le proposer sur scène.

Le résultat est bluffant de talent, d’originalité et de virtuosité. 

RESTEZ CONNECTE