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La soirée d’ouverture du Tourcoing Jazz Festival a tenu toutes ses promesses ce samedi: venu très nombreux pour applaudir Youn Sun Nah  puis Grégory Porter , le public  a eu droit à mieux encore que les 2 plateaux annoncés…car c’est bien à deux « vrais  » concerts qu’il a pu assister dans la même soirée… Trois heures de plaisir musical, avec deux voix d’exception et deux vraies personnalités ….

YOUN  SUN  NAH, UNE  DIVA  PROCHE  DE  SON  PUBLIC  

Sa voix « parlée » est toute douce et fragile…mais ne pas s’y fier! Dès que ses musiciens ( le guitariste Ulf Wakenius, l’accordéoniste David Venitucci et le contrebassiste Simon Tailleu) jouent, YOUN SUN NAH  prend toute sa dimension. Sa palette vocale semble sans limites: des aigus les plus purs aux basses les plus profondes, cristalline puis rockeuse….on va avec elle de surprise en surprise, et d’émerveillement en émerveillement. Rien ne lui semble impossible ou difficile…Elle improvise, étonne, ensorcèle… Le public lui a bien sûr fait un triomphe, mérité!

 

GREGORY  PORTER , COMME  A  NEW- YORK….

« Etoile montante du jazz », Grégory Porter est déjà une vedette reconnue,qui attire un public important, mais ses musiciens jouent aussi  un grand rôle dans la qualité du concert…Yosuké Sato   est un saxophoniste fabuleux, et le pianiste ( Chip Crawford) et le batteur (Emanuel Harrold) n’étaient pas en reste. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que la « voix d’or » de baryton de Grégory Porter prenne toute son ampleur…une voix soul et chaude, depuis les ballades jusqu’aux rythmes gospel. Et un artiste élégant et chaleureux qui , lui aussi, a séduit et captivé le public.

Depuis 1944, année de la création de « HUIS CLOS » à Paris, on sait que « l’enfer, c’est les autres »… (même si Jean-Paul SARTRE contestait que cette réplique devenue slogan soit conçue au premier degré). Soixante-dix ans plus tard, la pièce,  reprise par La VIRGULE en ouverture de la saison 2014-2015, n’a rien perdu de sa force et de sa modernité. 

Dans un décor très dépouillé ( le « minimum requis » pour la pièce: trois fauteuils, un bronze de Barbedienne et un coupe-papier), la mise en scène d’Agathe Alexis et Alain Alexis Barsacq vise l’essentiel et valorise  la force des mots. C’est bien le texte qui est au centre de la mise en scène, servi par le jeu impeccable ( et implacable!) d’Agathe Alexis, impressionnante de présence , de maîtrise et d’acuité dans le rôle d’Ines…Valérie Dablemont, elle, incarne une Estelle sensible, vibrante et attachante…Du coup, bien que les interprètes de Joseph Garcin  et du garçon d’étage soient plus en retrait, on assiste à une excellente version de « HUIS  CLOS », à la fois fidèle à l’écriture de Sartre et parfaitement actuelle.

En pratique: jusqu’au 18 octobre à La Virgule, au Salon de Théâtre, Bd Gambetta à Tourcoing ( 03 20 27 13 63 )

Effervescence des derniers jours à FES : ce vendredi 13 JUIN (et jusqu’au 21) le FESTIVAL des MUSIQUES SACREES DU MONDE inaugure sa 20ème édition….une édition dont la programmation est cette année placée sous le signe du « voyage des cultures » et qui rendra hommage à Nelson Mandela lors du Forum de Fes ( conférences-débats durant 5 matinées du Festival).

Vendredi soir, c’est l’oeuvre poétique  « La Conférence des oiseaux »  qui sera le thème du spectacle d’ouverture, annoncé comme une création audacieuse associant musique, danses, arts du cirque etc.. et qui devrait se dérouler en présence de la Princesse Royale Lalla Salma…  Roberto Alagna, Johnny Clegg et Youssou N’dour (tous deux réunis pour évoquer Mandela), Rokia Traoré,  Buddy Guy et bien d’autres  animeront ensuite les grands soirs de Bab Makina… Bien sûr, les délicieux jardins du Musée Batha accueilleront comme toujours les concerts de l’après midi, plus intimes et très prisés du public ( on y découvrira par exemple l’ensemble Atlan, Jordi Savall, les chants sacrés des gitans etc…), et les palais de la médina s’ouvriront pour les concerts des « nuits de la Médina » et pour la musique Soufie.

Personnalités ou simples quidams, les très nombreux habitués du festival en attendent beaucoup, ne doutant pas que , cette année encore, l‘ »esprit de Fes » soufflera sa brise très particulière, empreinte de tolérance, d’ouverture…et aussi  de découvertes et de surprises inattendues…

De tout cela bien sûr, culture-et-plus vous  rendra compte!

Une vraie chance et un coup de coeur: le passage au Tourcoing Jazz Club des Cash Box Kings… et c’est un soir à Chicago, au Buddy Guy’s ou au Rosa’s lounge! Un plaisir qui se prolonge bien sûr en écoutant leurs CD, et en particulier « Black Toppin’  »   qui a reçu l’Award du meilleur album de blues traditionnel pour 2013.

Originaires  de la « windy city », les Cash Box Kings  sont fidèles au blues des années 50 , mais ils y apportent un souffle d’enthousiasme et de jeunesse, une dose de « blues-a-billy », une escapade dans les années 70,  et ça donne un show détonnant… Le chanteur ( Oscar Wilson) comme les musiciens ( Joe Nosek , Joel Paterson, Pascal Delmas et Fred Jouglas  lors de ce concert ) sont excellents sur scène, avec une mention spéciale pour le guitariste  Joel Paterson … A découvrir ou à re-découvrir!

Voisin du Cap Frehel ( et à 40 kms environ de St Malo), le Fort La Latte impose sa silhouette de grès rose, dominant la mer depuis ses rochers escarpés…Le site est somptueux, on ne sait qui magnifie l’autre, de la mer ou du Fort…en plus  l’intérêt historique n’est pas en reste ! Un coup de coeur partagé par de nombreux visiteurs….

L‘origine de la forteresse remonte à 1350, quand Etienne Goyon, sire de Matignon, ordonne la construction d’un chateau- fort . Le chateau connait ensuite une vie mouvementée: il résiste à de nombreux assauts ( il est d’ailleurs assiégé par Du Guesclin en 1379), son architecture est modifiée à plusieurs reprises,puis il est  ravagé, incendié , et laissé en ruine.

Sa  deuxième vie  commence réellement sous  Louis XIV, lorsqu’il est transformé en Fort de défense côtière par  Garengau   ( ingénieur du Génie de Vauban). Le Chateau de La Roche-Goyon devient donc Chateau de La Latte, puis Fort La Latte. Il résiste à la Révolution française et à un dernier assaut en 1815, puis est à nouveau laissé à l’abandon durant un siècle. Devenu Monument historique en 1925, il a aujourd’hui retrouvé une nouvelle splendeur et peut séduire les touristes car une restauration et un entretien soignés montrent à la fois la partie « chateau- fort » et la partie « fort de défense » (les propriétaires du Fort s’investissent beaucoup)…au final, une  visite à ne pas manquer, appréciable par petits et grands!

Renseignements pratiques: Tél : 02 96 41 57 11                     www.castlelalatte.com

Ouvert tous les jours (10h30-18h) du 1er avril au 30 septembre  et jusqu’à 19h du 7 juillet au 27 août

Qui se souvient de l’ « Affaire Dussaert », un scandale politico-culturel jailli en 1991?…personne apparemment! d’ailleurs, cette année-là, la guerre du Golfe accaparait les médias et les esprits… Personne? Si! Jacques MOUGENOT, qui en a fait le sujet d’une conférence-théâtre, créée en 2002, et qui  rencontre toujours un vif succès auprès de la critique comme du public . La pièce a depuis été jouée dans différents théâtres parisiens, au Festival d’Avignon, et elle tourne actuellement ( à Tourcoing jusqu’au 19  avril) avant de retrouver le  prochain Festival d’Avignon.  Il faut dire que cette comédie (très) satirique est à la fois originale, drôle, intelligente et remarquablement écrite. Seul en scène, Jacques Mougenot évoque avec un humour décapant  les arcanes et les dérives de l’art contemporain, n’hésitant pas à en balayer les excès ou les snobismes, sans pourtant dénigrer les artistes…Culturellement incorrect, mais diablement efficace! Le spectateur est captivé, complice, et…un peu abasourdi par la fin de la représentation…Plaisir garanti!

Jusqu’au 19 Avril à LA VIRGULE  à TOURCOING

Au Théâtre  TROIS SOLEILS  d’AVIGNON en juillet 2014

www.jacquesmougenot.com

Comme chaque début avril, le Parc PAIRI DAIZA ( Belgique) rouvre ses portes jusqu’en Novembre. Mais l’événement fait cette année la une de tous les quotidiens et journaux télévisés!  C’est que deux nouvelles  stars y sont visibles pour la première fois: les pandas roux Hao Hao et Xing Hui…de véritables vedettes, traitées comme des ambassadeurs. Il faut dire que leur arrivée n’a pas été une mince affaire, entre des mois de négociation  ( ils sont prêtés par la Chine pour 15 ans), le mécontentement des  zoos non retenus par la  Chine ( finalement, Pairi Daiza prêtera un des pandas au zoo d’Anvers, sauvant ainsi l’équilibre entre les communautés belges!), la préparation de l’environnement (plantation et importation de bambous, de pieds de thé, installation de brumisateurs et de vidéo surveillance…sans parler des 5 personnes recrutées pour s’occuper des nouveaux venus), l’organisation du voyage ( très) officiel, l’acclimatation des gentils pensionnaires….et, bien sûr, la mise au point de tous les à-côtés, produits dérivés , photos, mugs etc… Au final, un énorme plus pour Pairi Daiza.

Ceci dit, le Parc ( situé à Brugelette près d’Ath en Belgique, à une heure environ de Lille) était déjà connu et reconnu bien avant l’arrivée des pandas. Désigné  » meilleur zoo de Belgique et Pays Bas » en 2013, »meilleur parc à thème de Belgique  » la même année, il séduit ses très nombreux visiteurs par la qualité de son aménagement, et par la variété de ce qu’il propose. Les cinq continents sont évoqués sur les 55 ha du parc : architecture, artisanat, faune et flore sont magnifiquement mis en scène, pour un dépaysement total. On se promène dans un « vrai » jardin chinois, on flâne dans un village africain, on est en Inde pour assister au bain des éléphants…on découvre des fleurs somptueuses, on s’émerveille de mille poissons….bref, la journée est trop courte pour tout voir et tout savourer! même la plaine de jeux pour les enfants est bien conçue...Pas d’équivalent chez les autres zoos ou parcs à thème, une vraie « parenthèse-plaisir » pour tous , ce qui permet d’oublier que le prix des entrées est à la hauteur du lieu ( compter 27 euros par adulte, 22 pour les enfants de plus de 3 ans et 7 euros de parking ). 

Beaucoup de monde bien sûr  , surtout les week- ends de beau temps ( attention, si la capacité du parc est atteinte, les entrées sont arrêtées, une vérification sur le site internet est donc utile avant de se déplacer!). Heureusement, le parc est assez grand pour que les visiteurs ne se bousculent pas ( sauf devant l’enclos des pandas, probablement!!)…. Il est impératif d’arriver tôt ( ouverture à 10 heures), vu la quantité de choses à voir!

Le site internet du Parc   www.pairidaiza.eu    donne toutes les indications et renseignements

TINARIWEN, groupe rock Touareg,  sort EMMAAR, un nouvel album enregistré dans le désert californien  avec la bénédiction des plus grands du rock US…L’occasion d’un petit coup de projecteur sur ce groupe pas comme les autres!

TINARIWEN (ce qui signifie « gens du désert ») est en fait un collectif de chanteurs, auteurs-compositeurs et musiciens qui se produisent dans des combinaisons différentes selon les concerts, avec un « noyau dur » de 5 ou 6 musiciens et un chanteur charismatique, Abraybone.

Formé en 1979 avec des musiciens du nord-Mali, le groupe connaît des premières années très perturbées, dans un contexte de troubles et de luttes armées ( auxquels  d’ailleurs certains membres du groupe participent, aux côtés des rebelles touaregs ). A partir des années 90, leur popularité grandit, d’abord auprès des Touaregs, puis dans tout le Sahel et, dès les années 2000, en Occident ( Europe, Etats-Unis, Japon et Australie). La composition du groupe se renouvelle aussi, avec des membres plus jeunes,  moins  directement concernés par les premiers engagements politiques du  groupe. Ils participent dès lors à de nombreux Festivals et  reçoivent  plusieurs prix  prestigieux  ( dont le Grammy Awards « Musiques du Monde » en 2011).

Aujourd’hui, très nombreux sont les grands noms du rock  qui les apprécient et sollicitent leur collaboration musicale ( Robert Plant, Red Hot Chili Pepper etc…). Ils enchaînent donc les concerts un peu partout dans le monde, obligés pour le moment de rester éloignés du Mali.

On parle à leur sujet de « rock touareg », de « rock suave » et parfois de blues. Ils s’expriment autour de la guitare touareg (« Assouf »), de la flûte, du violon à une corde et du tambour tinde. Leurs influences sont multiples, de Led Zeppelin à Bob Dylan, en passant par les marocains Nass el Ghiwane et la musique algérienne. Ce qui est sûr, c’est qu’ils restent attachés à leurs traditions musicales d’origine , ce qui confère à leur musique une personnalité à part, un rock poétique et nostalgique, mélangé de mélopées poétiques… A écouter pour se faire une opinion!

 

Classé en « comédie dramatique », ce film de Wes ANDERSON,  qui s’inspire du « paradis perdu » de Stefan Sweig,  a déjà été récompensé à Berlin, et il est généralement salué par la critique depuis sa récente sortie sur les écrans français.

C’est un film original, au casting riche ( Adrian Brody, Jude Law, Bill Murray, Mathieu Amalric ou encore Léa Seydoux figurent à l’affiche ), qui joue sur le burlesque, le décalé et la nostalgie, sans jamais oublier l’esthétique ( images et décors sont superbes). Il retrace les aventures improbables de Gustave H., homme aux clefs d’or d’un célèbre hôtel d’Europe Centrale entre les 2 guerres, et de son protégé, le jeune garçon d’étage Zéro Mustafa...On savoure comme une surprise certains clins d’oeil , à James Bond par exemple ou même aux jeux vidéo ( la poursuite en ski vaut le détour!)…Surtout, durant 1h40, on change totalement de registre, d’époque, et de références, car le film est hors de notre temps et réussit bel et bien à nous embarquer dans son univers.

Mention spéciale pour les 2 acteurs principaux, Ralph Fiennes et Tony Revolori, impeccables…et petite réserve sur le sous-titrage un peu « agressif » sur la version originale !

Entre grands concerts du soir à Bab Makina et concerts plus intimes  l’après-midi dans les jardins Batha, les plaisirs musicaux n’ont pas boudé la 19ème édition des Musiques Sacrées du Monde à Fes. Alors que se prépare la 20ème édition, pourquoi ne pas revenir sur quelques moments forts de juin 2013, ne serait-ce que pour le plaisir de revivre des instants de découverte et d’émotion…

 

Une rencontre inattendue: les voix nomades Sardaigne/Mongolie

…L’occasion de découvrir le chant diphonique khöömii et de retrouver les polyphonies des Tenores. Mais surtout, l’émerveillement d’entendre une fusion-évidence, car non seulement l’accord était musicalement beau, mais sardes et mongols contaient la même histoire…et nous la comprenions!…des instants magiques qui gomment les frontières, comment mieux illustrer l’ « esprit de Fes » !?

 

 

La perfection : Paco De Lucia

La légende vivante du flamenco a littéralement envouté le public de Bab Makina. Quand le professionnalisme aiguise l’émotion, on touche au génie et à la perfection. Et ce fut le cas tout au long du concert. Connaisseur ou non du flamenco, chacun a eu conscience de partager un moment d’exception. Les chanteurs et les musiciens de Paco De Lucia étaient sur le même registre d’excellence…et que dire du danseur Farruco ? Il a subjugué chaque spectateur et a fait un triomphe !

 

Une déception : Assala Nasri

Le concert devait être particulièrement « chaud »,eu égard à la popularité et à la personnalité de la chanteuse syrienne, mais le rendez-vous a été manqué. Le public n’a pas adhéré au choix des morceaux chantés par Assala Nasri ( son dernier album), et la vedette n’a pas apprécié les remous des spectateurs…A-t-elle eu peur comme on l’a dit?a-t-elle été vexée par les réactions ? Toujours est-il qu’elle a quitté prématurément (pour ne pas dire précipitamment) la scène, laissant une impression assez négative sur son concert. C’est la déception de cette programmation…

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La séduction : Ana Moura

Ana Moura revisite le Fado, qu’elle dynamise et dynamite. Elle le fait avec charme et talent, alliant douceur et énergie. Elle a totalement séduit le public de Batha…et c’était justifié !

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Un succès … populaire : El gusto

…ils ne sont pas jeunes ( Robert Castel est un des piliers de la formation), ils ne sont pas beaux, leur humour « date » un peu, ils ne sont pas tous bons musiciens ou chanteurs…et pourtant le public a fait un vrai triomphe à cet ensemble jovial , né dans la casbah d’Alger et qui mêle le châabi algérois et la musique arabo-andalouse et judéo-arabe dans un esprit de fête et de convivialité…alors pourquoi faire la fine bouche, ce fut une soirée appréciée !

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Un mythe bien vivant : Patti Smith

Certains s’interrogeaient sur la concordance Patti Smith/Musiques sacrées, beaucoup se demandaient comment l’icône punk-rock avait vieilli…eh bien la réponse était dans le concert. Patti Smith a assuré dans tous les sens du terme. Sa voix n’a rien perdu, son énergie est intacte, et, manifestement, elle aime toujours autant la scène. Le public n’a donc pas boudé son bonheur, même le spectateur  Edgar Morin a retrouvé ses 20 ans et n’a pu s’empêcher de danser!Un concert mythique qui gommait les années ! 

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